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La deuxième vitesse de Kingsbury

Le skieur québécois est dans une classe à part depuis deux ans

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Photo AFP Mikaël Kingsbury est capable de modifier sa vitesse de descente selon l’allure de la compétition.

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PARK CITY, Utah | Avec deux victoires sur la piste de Deer Valley, Mikaël Kingsbury a poursuivi sa domination outrageuse au sein du circuit de la Coupe du monde de ski acrobatique. Chaque fois qu’il prend le départ, les amateurs et les observateurs s’attendent à ce qu’il finisse au sommet du classement. Rien de moins.
 
Durant le passage du Journal de Montréal à Park City, mercredi et jeudi, on a tenté de décortiquer les raisons des succès de Kingsbury. Bien sûr, le premier ingrédient est le travail. Même s’il est champion du monde en titre, il veut toujours s’améliorer et il porte une attention particulière aux détails qui peuvent lui donner des points supplémentaires.
 
Toutefois, on a été aussi en mesure d’apprendre une notion qui fait de lui un bosseur d’exception. Kingsbury est capable de modifier sa vitesse de descente selon l’allure de la compétition. On l’a constaté lors des deux épreuves de Deer Valley.
 
« Ça vient avec beaucoup d’entraînement, a souligné Kingsbury après la 48e victoire de sa carrière. Notre entraîneur Rob Kober enregistre tous nos temps, que ce soit à l’entraînement, durant les qualifications ou les finales. J’adore cela. »
 
« Lors de nos derniers camps, avec Philippe (Marquis) et Marc-Antoine (Gagnon), on a beaucoup travaillé sur notre vitesse. C’est tellement devenu ancré en nous que chaque jour d’entraînement, on pousse toujours des descentes à fond jusqu’au point où on sort presque du parcours. »
 
Des sauts plus payants
 
De cette façon, Kingsbury est capable de skier dans les mêmes temps que les athlètes des autres pays. Toutefois, s’il a besoin d’obtenir une descente plus rapide, il est en mesure d’utiliser cette deuxième vitesse. Peu de bosseurs peuvent se targuer de posséder cet atout dans leur arsenal.
 
« Par exemple, lors de la finale de mercredi, je n’ai pas eu besoin de pousser et j’étais dans les temps, a expliqué
 
Kingsbury. Jeudi soir, j’ai augmenté ma vitesse, mais pas au niveau maximal. »
 
En plus de pouvoir jouer avec ses chronos comme il le souhaite, il est capable de réaliser des sauts avec un degré de difficulté plus élevé que les autres. Dans cet aspect, seul Ikuma Horishima est en mesure de rivaliser avec le Québécois, mais le
 
Japonais manque de constance dans ses performances. C’est souvent tout ou rien.
 
Que ce soit en première ou en deuxième vitesse, Kingsbury continue de tout rafler sur son passage. Il faut commencer à penser que la limite de son potentiel n’a pas de limite.
 
Le 13 chanceux
 
Jeudi soir à Deer Valley, Kingsbury a signé sa 13e victoire d’affilée sur le circuit de la Coupe du monde. Pour lui, ce chiffre a une signification particulière.
 
« C’était mon numéro de chandail au hockey et ça m’a toujours porté chance, a-t-il expliqué. J’aimais aussi Pavel Datsyuk, qui portait ce numéro avec les Red Wings de Detroit. Je le trouvais pas mal bon.
 
« De plus, lors d’une de mes premières compétitions Nor-Am, j’avais fait un podium avec le 13 sur mon dossard. J’ai toujours aimé ce chiffre. »
 

En terrain inconnu à Mont-Tremblant

Mikaël Kingsbury profitera de quelques jours de congé avant de se préparer pour l’épreuve de Mont-Tremblant qui aura lieu samedi prochain. Pour une rare fois, il s’aventurera dans un parcours qu’il ne connaît pas.

Dans le passé, la Coupe du monde de ski acrobatique a effectué des arrêts au mont Gabriel et à Val Saint-Come en sol québécois, mais jamais à Mont-Tremblant.

« C’est une nouvelle piste et on ne sait pas à quoi elle va ressembler, a souligné le champion du monde en titre. Je ne la connais pas du tout et je n’y ai jamais skié.

C’est un parcours qui existe déjà dans lequel ils vont ajouter des bosses, comme c’est le cas à Deer Valley. Ça sera intéressant. »

Mais avant, Kingsbury veut prendre une pause de quelques jours loin des pentes.

« Ça va faire du bien de sortir et de mettre les skis de côté un peu, a expliqué le meneur au classement général de la Coupe du monde. Ça va me permettre de voir mes amis. Je crois que c’est une bonne chose de le faire même si on approche des Jeux olympiques. »

Les inquiétudes de Hamelin

L’entraîneur de l’équipe féminine, Michel Hamelin, était préoccupé au terme de l’épreuve de jeudi soir. Il ne comprenait pas le pointage attribué à Andi Naude lors de la super finale.

« De ma position, j’ai eu l’impression qu’elle avait réalisé la descente de sa vie, a expliqué Hamelin. Toutefois, les juges n’ont pas semblé voir la même chose et je vais regarder à nouveau sa course afin d’analyser s’il y a des erreurs qui m’ont échappé.

Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le pointage d’Andi lors de cette épreuve, mais bien que tout cela arrive moins d’un mois avant les Jeux olympiques. »


♦ À l’instar de l’auteur de ces lignes, les skieurs de bosses canadiens ont connu quelques difficultés à revenir à Montréal en raison des mauvaises conditions météorologiques. Alex-Anne Gagnon et Audrey Robichaud se sont notamment retrouvées coincées à Toronto. Après avoir vu leur vol respectif être annulé, elles ont dû attendre à ce matin avant de revenir au Québec. Quand on dit que les voyages forment la jeunesse...