/news/society
Navigation

Malgré la quadruple amputation, Sabryna pourra vivre une vie active

Coup d'oeil sur cet article

Sabryna Mongeon, cette jeune femme de seulement 18 ans qui a dû être amputée des quatre membres à la suite d’un accident de voiture, pourra bénéficier du soutien de l’Association Les Amputées de guerre, qui a déjà contacté sa famille.

La jeune femme était en direction de Gatineau lorsqu’elle a percuté un poteau d’électricité après une sortie de route. Elle a été électrocutée en tentant de sortir du véhicule.

Elle est demeurée à l’extérieur par un froid glacial pendant plus de quatre heures avant qu’un bon Samaritain lui vienne en aide.

Louis Bourassa, directeur du Programme pour enfants amputés, a confirmé en entrevue, que Sabryna pourra être accompagnée dans la réadaptation, et qu’éventuellement elle pourra vivre une vie active.

Il a lui-même perdu une jambe, alors qu’il était âgé de 4 ans, une épreuve difficile.

«J’aidais mon père à tondre le gazon, je suis monté sur le tracteur, j’ai glissé et je suis passé en dessous. La jambe a coupé immédiatement», a-t-il raconté en entrevue.

S’il ne se souvient pas parfaitement de l’incident, il a souvenir de la longue réadaptation qui s’en est suivie.

Le pire scénario pour Sabryna

Sabryna Mongeon vit probablement l’un des pires scénarios : devoir réapprendre à vivre sans ses membres, et passer par un long processus de reconstruction psychologique.

«On est encore dans l’énervement, le stress de l’opération, comment on va se sortir de là. Ensuite, avant la réadaptation, il faut s’assurer que toutes les plaies sont guéries, que la personne est en bonne santé pour commencer à faire les premiers exercices», a expliqué M. Bourassa.

«J’aurais donc dû»

Il ajoute qu’il est souvent très difficile pour les amputés de se débarrasser des idées noires.

«Il y a beaucoup de pièges dans lesquels on peut tomber. Perdre de l’énergie négative dans les “j’aurais donc dû”', “'si j’avais pris telle décision”'. Il faut que cela cesse un moment donné. Il faut qu’il y ait une coupure entre le avant et le maintenant», donne en exemple M. Bourassa.

Selon lui, la clef de la réussite sera de mettre l’emphase sur chaque petit point positif. «On perd trop de temps dans le négatif dans ces histoires-là», ajoute-t-il.

Sabryna Mongeon pourra avoir le soutien d’une personne de l’Association des Amputés de guerre.

«On n’en est pas là encore, mais on va pouvoir la jumeler. On a d’autres personnes amputées qui sont passées au travers du même type d’amputation. Des personnes amputées des quatre membres, on en a, pas pour le même type d’accident, mais elles existent. Il va y avoir un soutien moral également, et possiblement des prothèses que l’Association peut payer, car elles ne sont pas défrayées par le gouvernement».

Hygiène personnelle

Selon Louis Bourassa, Sabryna pourra un jour s’occuper de son hygiène personnelle, ce qui pourra prendre du temps toutefois.

«On en a des personnes amputées des quatre membres qui vivent une vie parfaitement active, mais ça va être un processus de longue haleine», consent-il.