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Bergevin a une cible dans le dos

SPO-POINT DE PRESSE DE MARC BERGEVIN
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, est sous pression à l’heure actuelle. En fait, de toute ma carrière, je ne crois pas avoir été témoin de critiques aussi virulentes à l’endroit d’un homme de hockey.

Dieu sait que j’en ai vu des choses depuis que j’ai commencé ma carrière avec les Draveurs de Trois-Rivières en 1974. Quand Bergevin a mentionné lors de son bilan de mi-saison qu’il avait la « couenne dure », il faut le croire. En ce moment, le dg du Canadien doit se sentir bien seul. Il ne semble bénéficier de l’appui de personne.

Probablement avec raison. Depuis une semaine, on ne parle que de Bergevin. Il pourrait presque se faire un scrapbook complet seulement avec les coupures de journaux à son sujet dans la dernière semaine !

DU JAMAIS-VU

Je ne sais pas ce que Geoff Molson en pense, mais il est évident que le poste de Bergevin est en jeu. Il faudra une bombe, un réel coup d’éclat de sa part s’il désire conserver son emploi.

Et par coup d’éclat, je ne veux pas dire de se débarrasser de Tomas Plekanec...

Quand je dis que je n’ai jamais vu un homme de hockey être aussi critiqué, je ne blague pas. En 1989-1990, j’étais à la barre des Nordiques de Québec, tristement célèbres pour notre saison de 31 points en 80 matchs (12-61-7).

Même là, quand tout allait mal, jamais nous n’avons été critiqués, autant moi que Martin Madden puis Maurice Filion, qui s’étaient succédé au poste de directeur général de l’équipe.

D’ailleurs, sans faire de comparaison, je peux tracer des similitudes entre ce qui nous était arrivé à Québec en 1989-1990 et ce que le CH traverse à l’heure actuelle.

TRANSITION DÉFICIENTE

Avec les Nordiques, la transition ne s’était pas faite de la bonne façon. Pour qu’une organisation soit en santé, il faut s’assurer d’avoir des jeunes joueurs qui peuvent prendre la place des vétérans qui partent. À Québec, quand Peter Stastny et Michel Goulet avaient été échangés, on n’avait pas été en mesure de les remplacer dans l’immédiat, avec les résultats qu’on connaît.

Chez le Canadien, c’est exactement ce qui s’est produit cette saison. On a perdu des vétérans importants en Andrei Markov et Alexander Radulov et personne à l’interne n’a été en mesure de combler le vide laissé par le départ des deux Russes.

AUCUNE CLARTÉ

Si les résultats sur la glace ne sont pas convaincants, le travail au deuxième étage l’est encore moins. L’organigramme n’est pas clair. Il est anormal de ne pas être en mesure de savoir avec exactitude qui est le dépisteur chef de l’équipe. Est-ce Trevor Timmins ou Shane Churla ? Personne ne le sait réellement.

Quand on regarde à Tampa Bay, par exemple, où Steve Yzerman s’est implanté comme l’un des bons de sa profession, le nom de Julien Brisebois n’est jamais bien loin. Pourquoi ? Parce qu’il connaît tout du hockey mineur, du hockey junior. Les Leafs ont fait la même chose quand ils ont embauché Mark Hunter à titre de recruteur-chef.

Il faut s’entourer de gens qui seront non seulement présents à tes côtés, mais qui en plus apporteront quelque chose à l’organisation.

Quand on regarde tous les membres de la garde rapprochée de Marc Bergevin, parfois, on a du mal à comprendre leur rôle.

- Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie

Le Québec encore boudé

Nos Québécois Jonathan Marchessault et Jonathan Huberdeau ont été laissés de côté pour le match des étoiles alors qu’ils sont premiers marqueurs de leur équipe. C’est inconcevable. Une fois de plus, ce sont les Québécois qui paient la note, c’est toujours la même affaire. D’ailleurs, qui fait partie du comité de sélection de la LNH ? Si quelqu’un le sait, je l’invite à m’écrire pour dévoiler les noms. Pour moi, ni Barkov en Floride ni Neal à Vegas ne méritaient d’y aller alors que c’est le cas pour Huberdeau et Marchessault.

Dominique Ducharme et ÉCJ

Tout d’abord, félicitations à Équipe Canada junior pour leur conquête de la médaille d’or. Maintenant, j’espère que Dominique Ducharme et Joël Bouchard gradueront dans le hockey professionnel plus tôt que tard. Je sais que plusieurs aimeraient voir Ducharme diriger le Rocket de Laval. Chose certaine, les critiques sont également virulents à l’endroit de Sylvain Lefebvre. Par contre, le CH lui offre-t-il des joueurs pouvant le faire gagner ? Quand je vois que les deux représentants de l’équipe au match des étoiles, Chris Terry et Matt Taormina, ont 31 et 28 ans, ça me rappelle que le problème est probablement plus le recrutement que le coaching à Laval.

Bande d’ingrats

Certains joueurs des Sharks de San Jose, en l’occurrence Tomas Hertl, Justin Braun et Tim Heed, ont mentionné au réseau NBC qu’ils n’aimaient pas la ville de Winnipeg parce qu’il y fait « froid et noir ». Je trouve cela complètement épouvantable et j’aurais envie de dire à ces trois joueurs qu’ils ne sont qu’une bande d’ingrats. Comment peuvent-ils mordre de cette façon la main qui les nourrit ? C’est tellement dommage de voir des athlètes professionnels comme ça ne pas réaliser la chance qu’ils ont de jouer dans la LNH. Tu as le droit de le penser et de le dire à tes coéquipiers en privé. Il est normal, d’ailleurs, d’aimer certaines villes plus que d’autres. Mais tu ne peux pas sortir et dire de telles choses sur la place publique... C’est extrêmement décevant.