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Des léthargies qui coûtent cher

Imaginez un instant que l’équipe que vous adulez rate les séries pendant 17 saisons consécutives

Des léthargies qui coûtent cher
Photo AFP

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Le Canadien est en voie de rater les séries, et ce, pour la deuxième fois en l’espace de trois ans. Comme tous les espoirs sont permis en début de saison, les partisans seront évidemment déçus si pareil scénario se concrétise et exigeront que des têtes tombent.

C’est exactement ce qu’ont vécu les partisans des Bills de Buffalo, encaissant déception après déception depuis 1999. Pour ajouter l’insulte à l’injure, les Bills ont dû regarder leurs rivaux de division, les méchants Patriots de la Nouvelle-Angleterre, accumuler les titres de division et les championnats du Super Bowl à un rythme jamais vu pendant cette même période.

C’était jusqu’à tout récemment puisque les Bills sont parvenus à se qualifier pour les présentes séries, mettant par le fait même fin à la plus longue disette au sein des quatre grandes ligues sportives nord-américaines.

Impact économique

Leur parcours aura été de courte durée. Ils ont été éliminés dès leur premier match, mais ce match a redonné espoir aux partisans en plus de prolonger la saison d’une semaine, au grand plaisir des restaurants et bars de Buffalo, de même que des médias locaux.

Beau temps, mauvais temps, les partisans des Bills sont toujours au rendez-vous et figurent parmi les plus passionnés du monde du sport. C’est donc sans surprise qu’ils ont célébré en grande pompe le retour de leurs protégés en séries. Ce fut l’occasion idéale de se questionner sur l’impact économique d’une participation en séries pour une équipe.

Pas que des heureux

Au printemps 2016, pour une rare fois, toutes les équipes canadiennes ont été exclues des séries de la LNH. Une situation semblable peut s’avérer catastrophique, particulièrement pour les réseaux de télévision, dont les revenus publicitaires sont étroitement liés aux performances des équipes canadiennes en séries.

Même chose pour les équipes, car elles ne peuvent vendre des billets additionnels au gros prix, sans compter la marchandise, la bière à 12 $ l’unité, les bouteilles d’eau à 6 $, la nourriture, etc.

L’impact se fait aussi sentir sur les villes où évoluent ces équipes. La revue Fortune estime qu’un seul match des séries de la Coupe Stanley représente des retombées économiques de trois millions de dollars pour une ville canadienne.

Pour revenir aux Bills, tous les propriétaires de bars de la région de Buffalo vous diront que la participation des Bills aux séries a été bénéfique sur le plan économique. Tous ne partagent cependant pas cet avis.

Une récente étude réalisée par des chercheurs du Lake Forest College, dans l’État de l’Illinois, démontre que les événements sportifs n’ont pas l’impact prétendu. L’étude souligne entre autres que pendant les matchs, les gens ne vont pas magasiner, ne vont pas faire l’épicerie et ne fréquentent pas les musées, à titre d’exemple. De plus, plusieurs partisans suivent l’équipe sur la route, faisant en sorte que d’importantes sommes d’argent quittent la communauté.

 

Séries éliminatoires : les plus longues disettes

Maintenant que les Bills de Buffalo ont pris part aux séries après 17 saisons d’insuccès, quelles équipes nord-américaines détiennent les plus longues séquences infructueuses ?

  • Mariners de Seattle (MLB) - 16 saisons
  • Browns de Cleveland (NFL) - 15 saisons
  • Marlins de Miami (MLB) - 14 saisons
  • Timberwolves du Minnesota (NBA) - 13 saisons
  • Kings de Sacramento (NBA) - 11 saisons
  • Padres de San Diego (MLB) - 11 saisons
  • Buccaneers de Tampa Bay (NFL) - 10 saisons
  • White Sox de Chicago (MLB) - 9 saisons
  • Hurricanes de la Caroline (LNH) - 8 saisons

 

Le chiffre de la semaine

300 000 $ C’est grâce à une spectaculaire passe de touché du quart des Bengals de Cincinnati, Andy Dalton, que les Bills de Buffalo ont pu se qualifier pour les séries de la NFL. La passe en question a éliminé les Ravens de Baltimore. En guise de reconnaissance, les partisans des Bills ont versé pas moins de 300 000 $ à la fondation d’Andy Dalton en l’espace d’une semaine seulement.