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Économe de son vivant, mais généreux dans la mort

Pierre Côté au début de la soixantaine.
Photo Marie-Ève Dumont Pierre Côté au début de la soixantaine.

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Économe de son vivant, mais généreux dans la mort, Pierre Côté a légué pas moins de 600 000 $ à trois organismes de charité au moment de son décès.

« C’était un drôle de zigoto. Il trouvait toutes sortes de moyens pour économiser son argent, un vrai “gratte-la-cenne”. Il avait réussi à amasser près d’un million, mais en même temps il avait un peu honte d’être riche », se remémore Jacques Houpert, ami et liquidateur de la succession de M. Côté.

Il s’agit d’une photo prise alors qu’il était enseignant.
Photo Marie-Ève Dumont
Il s’agit d’une photo prise alors qu’il était enseignant.

D’origine modeste, Pierre Côté a réussi à bâtir sa petite fortune avec son salaire d’enseignant d’histoire et de géographie au secondaire.

Marqué par la pauvreté

« Il avait beaucoup de connaissances, et il les partageait. Il était intéressant à entendre parler », raconte M. Houpert.

Il a enseigné dans le quartier Rosemont à Montréal, plutôt défavorisé à ce moment.

C’est sans doute le fait de côtoyer des jeunes moins nantis et de constater les inégalités sociales lors de ses voyages en Amérique du Sud ou en Europe, qui l’a rendu sensible au sort des autres, selon son ami.

« Toute sa vie, il a été marqué par le problème de la pauvreté. Il avait un tas de livres sur le phénomène chez lui. C’était une véritable préoccupation », se souvient-il.

M. Côté est décédé à l’âge de 69 ans d’un cancer du poumon en février 2016. Comme il n’avait pas de conjointe ni de descendance et qu’il n’entretenait pas de liens étroits avec sa famille, il a décidé de léguer près de 70 % de ses avoirs, ce qui incluait sa maison à Chambly et son chalet à Thetford Mines, à trois organismes de bienfaisance. Le reste de sa fortune a été distribué à des amis.

Programme spécial

« À la fin de sa vie, il était vraiment inquiet pour son argent, il y était tellement attaché. Il a pris la décision de donner à des organismes auxquels il avait confiance. Il ne voulait pas que tout aille en frais administratifs », relate M. Houpert.

La Fondation du Dr Julien, le Refuge des jeunes de Montréal, qui aide les jeunes moins nantis ou en difficulté, et la Fondation de l’Hôpital Charles-Lemoyne, où on lui a donné des soins, ont reçu chacun environ 200 000 $.

M. Houpert s’est d’ailleurs fait un devoir de s’assurer que l’argent de M. Côté fera réellement une différence parce que ce dernier n’avait laissé aucune indication dans son testament.

« Pour l’hôpital, l’argent ira à un programme qui permet la prise en charge par le CLSC des gens atteints de cancer afin d’améliorer les soins qu’ils reçoivent », mentionne M. Houpert.