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La Ville pressée de mettre à jour les zones inondables

Dossier inondation avant-après
Photo d'archives, Agence QMI Les inondations qui ont touché Montréal au printemps 2017, dont celles de l’île Bizard, ont causé le déclenchement de l’état d’urgence pendant une semaine.

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Les cartes des zones inondables du nord de l’île de Montréal vieilles de 40 ans doivent être rapidement mises à jour pour prévenir les impacts de futures inondations comme celles du printemps dernier et des digues permanentes devraient être installées, recommande un rapport de la Ville.

Les zones inondables de la rivière des Prairies, qui est sortie de son lit en mai dernier, sont encore basées sur des données de 1978, révèle un rapport de la Direction de la sécurité publique de la Ville de Montréal qu’a obtenu Le Journal. Ces cartes sont pourtant toujours utilisées par l’agglomération de Montréal en situation d’urgence.

Au printemps 2017, Montréal était l’une des 260 municipalités du Québec lourdement touchées par les plus importantes inondations depuis 1976, affectant 430 résidences dans la métropole et faisant 1100 sinistrés.

En plus d’avoir mis la ville en état d’urgence pendant une semaine, ces inondations ont coûté plus de 8 M$ à l’agglomération de Montréal, selon les plus récents chiffres, notamment pour la mise en place de mesures de protection, l’ouverture de centres d’accueil, de centres d’hébergement ou pour payer les heures supplémentaires des employés.

Données désuètes

Pourtant, non seulement les cartes des zones inondables de la Rivière-des-Prairies sont désuètes, mais les plus récents rapports techniques utilisés pour déterminer les risques d’inondations pour chaque terrain le long des cours d’eau datent de 1985 pour le fleuve Saint-Laurent et le lac Saint-Louis et de 2006 pour la rivière des Prairies.

Le rapport, qui sera déposé mercredi au comité exécutif de la mairesse Valérie Plante, presse donc la Ville de mettre à jour ces données d’ici la fin de 2018 en tenant compte des dernières inondations. Il l’invite également à définir une vision de l’aménagement en plaines inondables et à songer à l’installation de digues permanentes.

Pour prévenir de tels événements, les solutions traditionnelles, comme la construction de barrages, ne sont plus aussi efficaces, ajoute le rapport. La complexité et l’incertitude des cours d’eau ainsi que les changements climatiques rendent la situation plus imprévisible.

Météo changeante

C’est d’ailleurs une fonte rapide de la neige dans les bassins versants des Grands Lacs, sous l’effet de la hausse de la température et des grandes quantités de pluie, qui ont été à la source des inondations du printemps 2017. Le ruissellement a fait augmenter le débit d’eau jusqu’au barrage Carillon, à la frontière de l’Ontario et du Québec. Si bien que les cours d’eau comme la rivière des Prairies n’ont pas pu accuser le coup.

« Afin de mettre en place des solutions de prévention qui rendront l’agglomération de Montréal plus résiliente face aux inondations, il est essentiel, dans un premier temps, de bonifier notre connaissance des probabilités et des vulnérabilités présentes sur le territoire », mentionne le rapport.

Impacts de la crue des eaux du printemps 2017

En rouge, les arrondissements et villes liées touchés
En rouge, les arrondissements et villes liées touchés
  • Les inondations ont coûté 8 014 316,80 $ à l’agglomération de Montréal
  • 430 résidences inondées
  • 1100 citoyens sinistrés
  • Évacuation de l’île Mercier
  • Évacuation volontaire de plusieurs résidences
  • 200 intervenants sur le terrain
  • Entre 250 et 300 militaires
  • Fermeture de 5 rues et boulevards ainsi que 3 ponts

Ce que le rapport dit

« La faisabilité de mettre en place des mesures de mitigation ou d’infrastructures vertes peut être évaluée [...] notamment le développement de digues permanentes ou l’aménagement d’espaces verts. »

« La mise en place de telles mesures doit être précédée d’une planification stratégique visant à identifier les endroits propices et éviter de créer de faux sentiments de sécurité parmi la population ou de faire en sorte d’augmenter les aménagements en zones à risques. »

« [Lors des inondations] le matériel utilisé [par les services d’urgences] n’était pas toujours adéquat. À titre d’exemple, des véhicules du SPVM et d’Urgences-santé ont rapidement été inutilisables dans certains secteurs puisque trop bas pour le niveau de l’eau. »

« Le fait que plusieurs citoyens ont quitté leur résidence sans l’assistance des services d’urgence a compliqué le suivi et le décompte des personnes évacuées. »