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Les mémoires d’un homme de paix

Être libre, ce n’est pas seulement se 
débarrasser de ses chaînes,
Nelson Mandela et Mandla Langa, Mémoires 
du président, Éditions Plon
Photo courtoisie Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, Nelson Mandela et Mandla Langa, Mémoires du président, Éditions Plon

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Évoquer le nom de Nelson Mandela, c’est parler de liberté, c’est dénoncer l’oppression des peuples, mais c’est aussi appeler au dialogue et insuffler un vent d’espoir dans nos conversations.

Nelson Mandela est demeuré près de trente ans en prison, en réclusion dans les geôles du gouvernement de l’apartheid d’Afrique du Sud, de 1962 à 1990. Il faut avoir une force morale hors du commun pour résister à un tel sort et en sortir aussi fort, sinon plus que lorsqu’on y est entré. Fort et fin stratège, car Mandela a même réussi à négocier le jour et l’endroit où il serait libéré, non pas par narcissisme et orgueil, mais pour en faire un événement hautement symbolique qui serve la cause de son peuple avec lequel il s’identifiait en tout. « Il réussit à imposer aux autorités pénitentiaires le moment et le lieu de sa libération », raconte son biographe.

Facteur humain

Au sortir de sa prison, on aurait pu s’attendre à trouver un homme aigri, un homme amer rongé par le désir de vengeance. Mais rien de tout cela. Non pas que Mandela soit atteint d’angélisme, mais il a préféré se concentrer sur le facteur humain, sachant que la vengeance ne mène nulle part, sinon dans un cul-de-sac. Mandela avait « la capacité de voir en la personne face à lui, amie ou ennemie, un être humain complexe doté d’une personnalité aux multiples facettes ». Et il avait mis à profit ses années d’incarcération pour apprendre à se connaître. « La cellule nous donne l’occasion d’examiner chaque jour notre conduite, de ­dépasser ce qu’il y a de mauvais en nous pour développer les bons côtés. » Il a même appris la langue de ­l’oppresseur, ­l’afrikaans, en ­causant avec ses geôliers. Visionnaire, il savait que cela lui serait utile, lorsque serait venu le moment de négocier. Et ­Mandela sera compromis dans de ­nombreuses négociations pour le ­restant de ses jours.

Fortes négociations

Après sa libération, il se consacrera à atteindre cet idéal de justice et de ­liberté. Il a su négocier avec les faucons les plus intransigeants de l’Afrique du Sud, pour obliger ces généraux ­belliqueux et racistes à s’asseoir aux différentes tables de ­négociation parce que le sang avait assez coulé des deux côtés des ­barricades, disait-il. Les faucons ­désiraient morceler le ­territoire, pour créer un pays, un Volkstaat, pour les blancs Afrikaners. Mais Mandela – appelé affectueusement « Madiba » par ses supporters, le « communiste » par ses détracteurs – a su les ramener à la raison, car l’Afrique du Sud était indivisible, même si se posait l’épineux problème à savoir ce qu’est un « vrai » Afrikaner : quelqu’un qui est blanc, qui parle l’afrikaans ou encore toute autre personne, « noire, autrement dit africaine, métisse ou indienne qui parlait cette langue ? » Cette biographie, écrite à partir des notes et ébauches de mémoires que le prix Nobel de la paix a laissées avant de mourir, apporte une lueur ­d’espoir dans cette période sombre où la menace nucléaire n’a jamais été aussi présente.

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