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Il lègue plus de 500 000 $ pour lutter contre la pauvreté

Henri Conard devant la maison qu’il a léguée à la Fondation Sainte-Croix/Heriot.
Photo Marie-Ève Dumont Henri Conard devant la maison qu’il a léguée à la Fondation Sainte-Croix/Heriot.

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Choqué par la disparité de la richesse dans le monde, Henri Conard a légué sa maison et près d’un demi-million en placements à des organismes, alors qu’il a toujours vécu bien simplement dans une petite ferme en Estrie.

« Il a beaucoup voyagé en sac à dos avec sa petite tente. Il est allé pas mal partout dans le monde. Il a été frappé par la misère humaine. Il se sentait privilégié », raconte Maurice Richard, ami du défunt et responsable de sa succession.

C’est sans doute parce qu’il était très préoccupé par la pauvreté qu’il a fait le don de 534 000 $ à Centraide du Grand Montréal, mentionne son ami. L’organisation soutient des organismes luttant contre la pauvreté et l’exclusion.

Simplicité

Maurice Richard, ami et liquidateur de la succession de M. Conard.
Photo Marie-Ève Dumont
Maurice Richard, ami et liquidateur de la succession de M. Conard.

« J’ai été surpris comme beaucoup de gens qu’il eût une telle fortune. Il était heureux dans la simplicité », se souvient M. Richard.

D’origine française, M. Conard est né pendant la Deuxième Guerre mondiale.

« Il connaissait la valeur de l’argent, il ne dépensait pas pour rien », résume Huguette Manseau, sa compagne des 10 dernières années, qui l’a d’ailleurs soutenu dans sa volonté de léguer ses avoirs à des fondations.

M. Conard est arrivé au Québec en plein hiver en 1968. Il est retourné en France cinq ans plus tard pour finalement revenir en 1977, relate Mme Manseau.

Séduit par le paysage

Il a travaillé à Montréal, mais il se cherchait un petit coin de terre.

Il s’est installé dans une fermette dans la petite ville d’Ulverton, en Estrie, avec sa femme de l’époque.

« Il a été séduit par le paysage », se souvient son amie.

M. Conard a été enseignant en aéronautique à l’aéroport de Saint-Hubert, lui qui avait fait son service militaire en France dans l’armée de l’air.

Il est toujours resté dans sa maison après son divorce et jusqu’à ce que la maladie le force à aller dans une maison de soins palliatifs. Il est décédé à 72 ans d’un cancer de l’intestin au printemps 2016.

Homme de conviction

C’est d’ailleurs cette propriété qui a été vendue pour un peu plus de 140 000 $ au profit de la Fondation Sainte-Croix/Heriot, qui amasse des fonds pour améliorer les soins de santé dans la région de Drummondville.

« Il allait à l’Hôpital Sainte-Croix pour ses soins, il disait que le personnel était très dévoué. Il a aussi toujours été impressionné par notre système de santé au Québec », mentionne M. Richard.

M. Conard était un amoureux de la terre, il avait même essayé pendant quelques années de vivre en autosuffisance sur sa petite ferme. La protection de l’environnement lui tenait aussi beaucoup à cœur.

« Je le vois encore dans son jardin. Il a toujours eu un respect de la nature et un souci des autres », souligne Mme Manseau.