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Une sexagénaire perd la vie dans un feu «évitable»

FD-INCENDIE-MORTEL-MONTREAL
Photo Agence QMI, Pascal Girard Les sapeurs ont eu fort à faire pour neutraliser l’incendie qui a fait une victime dans un appartement d’un immeuble de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

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Un proche et des voisins de la femme de 68 ans décédée dans un incendie dimanche à Montréal estiment qu’elle n’aurait jamais dû être autorisée à vivre seule puisqu’elle était inapte à prendre soin d’elle-même.

Diane Charland a perdu la vie dans un incendie qui aurait été déclenché par un article de fumeur se trouvant dans son appartement, selon la police de Montréal.

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Photo Agence QMI, Pascal Girard

Un de ses plus grands amis, Réal Picard, croit que la sexagénaire pourrait s’être endormie en oubliant d’éteindre sa cigarette, puisqu’elle souffrait de plusieurs problèmes de santé et pouvait s’assoupir de façon soudaine.

Prévenue

« Je lui disais : si tu es en train de fumer et que tu vois que tu t’endors, éteins-la tout de suite. Mais elle ne m’a pas écouté, on dirait », a relaté tristement M. Picard.

Réal Picard, un ami de la femme décédée, était ébranlé.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Réal Picard, un ami de la femme décédée, était ébranlé.

Selon lui, Mme Charland souffrait de graves problèmes de dos et d’arthrite rhumatoïde, ce qui l’obligeait à se déplacer en fauteuil roulant. Elle était incapable de se faire à manger et avait parfois des pertes de mémoire.

Pourtant, elle habitait seule dans un appartement du Domaine La Rousselière, dans le quartier Pointe-aux-Trembles, depuis quelques mois.

« Aucunement autonome »

M. Picard, qui vit dans le même immeuble pour retraités autonomes, a raconté que son amie avait été placée dans le centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD) Judith-Jasmin au début de l’an dernier. Mais après environ six mois, des travailleuses sociales auraient jugé qu’elle était apte à vivre en dehors du CHSLD, comme elle le désirait.

« Ce n’est pas normal qu’ils l’aient envoyée ici toute seule. Elle n’était pas du tout autonome, a déploré M. Picard. Elle m’appelait en plein milieu de la nuit pour que j’aille l’aider parce qu’elle tombait. »

Les flammes auraient pris naissance vers minuit, dans la nuit de samedi à dimanche, chez la femme célibataire et sans enfants. Les pompiers ont découvert son corps à l’intérieur du logement incendié.

Son décès a été constaté sur les lieux et une enquête a été ouverte par la police de Montréal.

Évitable

« Je l’ai vue étendue dans le corridor avec une couverte par-dessus son corps, et son fauteuil roulant brûlé à côté, a dit Réal Picard. C’était assez dur. Je n’ai pas dormi de la nuit. »

Tous les résidents de l’immeuble ont été évacués, mais aucun d’entre eux n’a été blessé ou n’a vu son logement être endommagé.

Plusieurs ont cependant souligné que le fait que Mme Charland habitait seule avait mis leur vie en danger.

« Comme j’ai la sclérose en plaques, je me déplace difficilement, a expliqué Denis Rivard. J’ai été chanceux, parce que d’autres résidents m’ont aidé à sortir plus rapidement. Mais tout ça, c’était évitable. »

Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, dont fait partie le CHSLD Judith-Jasmin, n’a pas rendu les appels du Journal dimanche.