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Le droit de refuser

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Cent femmes françaises ont dénoncé le #moiaussi ou #balancetonporc pour rappeler la nécessité d’être solidaire avec les hommes qui ont le « droit d’importuner ».

Mélangeant abus de pouvoir, abus tout court et séduction, elles ont par le fait même contribué bien malgré elle à l’ambiguïté collective sur les gestes qui sont acceptables ou non.

Il n’est pas reproché aux hommes de chercher à entrer en relation avec les femmes ou encore de faire des compliments. Il leur est reproché d’abuser de leur position d’autorité pour obtenir des faveurs sexuelles.

Abus ou séduction

Au secondaire, alors qu’il y avait encore des cours de formation personnelle et de sexualité, l’enseignante nous avait mis en garde contre des relations de dépendance qui mènent souvent à de l’abus d’un des deux partenaires.

Une relation doit toujours chercher à être égalitaire. Je ne parle pas des tâches ménagères, mais du respect entre les partenaires.

On nous expliquait également les différentes formes d’abus sexuels et des moyens d’agir ou de réagir face à une telle situation.

C’était en 1997, loin des dénonciations et des accusations d’aujourd’hui. Pourtant, même à l’époque, nos enseignantes étaient conscientes des problèmes que les jeunes filles, que nous étions, allaient affronter.

Il fallait nous aider à faire la distinction entre séduction et harcèlement. Parfois, la ligne est mince, mais elle reste toujours claire.

Le pouvoir

Il est vrai que le problème ne doit pas être la séduction ou le jeu de séduction.

Le problème, c’est l’abus de pouvoir de ces Weinstein, Rozon, Salvail et compagnie qui ont cru que leur position d’autorité leur conférait tous les droits.

Les jeunes et moins jeunes doivent travailler à reconnaître et à dénoncer ces agressions. Il faut arrêter de faire croire que séduction et agression sont de la même graine.

C’est justement ce qui crée l’environnement propice à des abus.