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Le fonds secret de la SQ aurait servi à payer des factures d’alcool

Richard Deschenes, Ex-DG accusé
Photo d'archives, CHANTAL POIRIER Richard Deschenes, Ex-DG accusé

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Le fonds secret de la SQ a déjà servi dans le passé à payer des factures d’alcool, des restaurants ou même des contrats pour des conférences, a fait valoir la défense au procès de trois anciens hauts gradés du corps policier.

« À première vue, certaines dépenses spéciales d’opération ne semblaient pas justifiables », a témoigné un enquêteur de la SQ, qui a fouillé des milliers de documents remontant jusqu’aux années 90.

L’enquêteur a été appelé comme témoin par la défense, au procès de l’ancien DG de la SQ Richard Deschenes, ainsi que des ex-hauts gradés Steven Chabot et Alfred Tremblay. Ils sont accusés de fraude, de vol et d’abus de confiance. Selon la poursuite, Chabot se serait accordé une dépense secrète de 167 931 $ à quelques jours de sa retraite, en 2010, tandis que Tremblay aurait reçu 79 877 $. Normalement, le fonds secret est censé être utilisé pour payer des informateurs, ou pour des enquêtes sur le crime organisé, entre autres.

Factures

Mais selon les demandes de remboursement effectuées dans les années 90 et au début des années 2000, le fonds secret semblait servir à d’autres fins.

Ainsi, en 1997, un policier s’est fait rembourser une facture d’hôtel de 2000 $, pour des réunions. En 2002, un policier s’est fait rembourser 719 $ d’achats à la SAQ. Des « voyages d’études » ont aussi été remboursés par le fonds secret. En 1996, un contrat pour remplacer des photophones, d’une valeur de 54 670 $, a été payé par ce fonds secret.

Le témoin a toutefois rappelé que s’il avait eu la tâche de numériser les documents, le contexte du remboursement n’était pas toujours évident. Ces dépenses présentées par la défense datent de bien avant les faits reprochés aux accusés.

Changements

Cela vient également confirmer le témoignage de l’ancien directeur général Mario Laprise, qui avait entrepris de changer les façons de faire lorsqu’il était en poste, en 2013.

« La reddition de compte, c’est un gros enjeu, avait expliqué M. Laprise. Les choses ne se corrigent pas en criant ciseau. Moi, à l’interne, j’ai changé les directives pour que ça [l’utilisation contestable du fonds secret] ne puisse pas se reproduire. »

Le procès se poursuit cette semaine, au palais de justice de Montréal.