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Inondations dans Duberger-Les Saules : l’impatience commence à se faire sentir

Inondations dans Duberger-Les Saules : l’impatience commence à se faire sentir
Photo Jean-François Desgagnés

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La très difficile épreuve que vivent les sinistrés de la rivière Saint-Charles commence à aiguiser la patience de plusieurs d’entre eux. Quatre jours après le coup d’eau de samedi, la plupart ont les nerfs à vif et ne souhaitent qu’entrer dans leur résidence inondée.

La grande majorité des sinistrés n’avaient toujours pas pu constater l’ampleur des dégâts mardi, soit quatre jours après l’évacuation. Comme plusieurs voisins, Hasni Monji vit des heures de grande angoisse.

Hasni Monji, qui habite sur l’avenue Grandbois, a obtenu son accréditation pour accéder à sa demeure, mais l'accès à celle-ci lui est toujours interdit.
Photo Catherine Bouchard
Hasni Monji, qui habite sur l’avenue Grandbois, a obtenu son accréditation pour accéder à sa demeure, mais l'accès à celle-ci lui est toujours interdit.

« Je ne sais pas la gravité de l’inondation, quelle hauteur, si mes tuyaux sont pétés et si l’eau a été coupée. C’est dommage que nous ne puissions pas rentrer dans nos maisons aussi vite que possible », se désole l’homme, qui n’a aucune idée du moment où il pourra constater les dégâts. « Aujourd’hui, demain, après-demain, dans deux jours ou dans trois jours? Dès que tout sera libéré, ils vont nous donner le OK », poursuit-il.

Au coin de la rue Chevalier et de l’avenue Saint-Léandre, mardi après-midi, l’impatience gagnait plusieurs sinistrés qui se butaient au barrage policier. Alors que l’un d’eux a quitté les lieux en faisant déraper les pneus de son véhicule, d’autres ont laissé tomber quelques blasphèmes.

Une dame âgée, qui a préféré ne pas se nommer, n’a pas caché son impatience. « On a hâte de rentrer chez nous. On veut juste aller voir pour savoir si la fournaise fonctionne, mais ils ne veulent pas », lance-t-elle.

Une autre résidente était émotive après avoir appris qu’elle ne pouvait toujours pas accéder à son logement. «Je demeure à l’étage, donc mon logement est correct. Sauf que j’avais entreposé tout ce que j’avais hérité de mes parents dans le sous-sol. C’est sur que j’ai tout perdu», confiait la dame en tâchant de refouler un sanglot. «On ne sait rien. Ils ne veulent même pas qu’on aille voir. C’est difficile», soupirait-elle en précisant ne pas avoir beaucoup dormi au cours des derniers jours.

Inondations dans Duberger-Les Saules : l’impatience commence à se faire sentir
Photo Jean-François Desgagnés

Tournée des résidences

Expliquant ce refus pour assurer la sécurité des citoyens, un porte-parole du Service de police de la ville de Québec a tout de même précisé en fin de journée que des équipes allaient faire une tournée des résidences en soirée mardi. Cette opération devrait permettre de régler certains problèmes plus urgents.

«Des vérifications vont être faites avec divers experts comme des plombiers, des électriciens et des pompiers qui vont regarder les bâtiments pour voir ce qui peut-être fait. On peut penser notamment au pompage de l’eau, question de minimiser les impacts pour les résidents», explique Étienne Doyon.

L’opération a notamment permis de sauver un jeune chaton qui était coincé depuis trois jours dans un appartement. Sa propriétaire était extrêmement émue au moment de récupérer l’animal. «Il était dans un sous-sol inondé presque jusqu’au plafond. Il a monté sur une étagère et les gens l’ont entendu miauler en s’approchant de l’immeuble», raconte la chef des services psychosociaux du CIUSSS Capitale-Nationale, Sylvie Lajoie, témoin de ce moment de chaleur humaine précieux à travers la mer de glace qui paralyse le secteur.

Inondations dans Duberger-Les Saules : l’impatience commence à se faire sentir
Photo Jean-François Desgagnés

50 000$ déjà distribués

Malgré l’impatience de pouvoir constater les dégâts dans leur résidence, des sinistrés ont déjà pu compter sur l’aide financière du gouvernement. Le député provincial du secteur, Patrick Huot, a confirmé que des sommes d’urgence avaient déjà été transférées à une trentaine de citoyens.

«Une trentaine de rencontres ont eu lieu avec des sinistrés et un peu plus de 50 000$ ont déjà été avancés à ces gens-là pour des logements temporaires, des vêtements et autres», souligné le député libéral, précisant que l’aide à long terme pour les rénovations s’organisait aussi. «Comme député, mon rôle sera de m’assurer qu’on suit les promesses faites par le ministère de la Sécurité publique à ce sujet.»