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Je voudrais te parler de remise en forme

Je voudrais te parler de remise en forme
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Je voudrais te parler de remise en forme. Ben oui. Comme les 18 personnes qui t’ont fait des demandes d’amies sur Facebook au cours des quinze premières journées de Janvier.

Parce qu’on le sait tous : si t’as le moindrement des grosses joues sur ta photo de profil, tu deviens instantanément la proie idéale pour toutes les pseudo-coachs improvisées du monde.

Tu as probablement eu droit à autant de témoignages de filles qui t’expliquent leur passage de maman débordée complexée, à fit mom qui s’est entraînée jusqu’à ses soixante semaines de grossesse, a vêlé de son quatorzième enfant sans aucun effet sur son corps de spartiate et a recommencé à s’entraîner le surlendemain de son accouchement. Sans prétention, hein, ma belle. Parce qu’elle est, elle aussi passée par là!

Pis c’est drôle : jusqu’à ce que la pluie de messages privés te notifiant ton embonpoint te tombe dessus, t’avais pas remarqué à quel point c’était « évident », que tu t’es laissée aller, depuis la naissance du p’tit dernier.

Mettons que t’avais d’autres chats à fouetter. Ton esprit avait bien d’autres inquiétudes que le remblai d’amour qui déborde de ta ceinture. Mais rendu au troisième message d’inconnue qui veut ton bien, t’as commencé à te poser des questions.

Peut-être que la p’tite graine de l’insatisfaction de ton apparence avait déjà commencé à germer dans ton esprit; peut-être que c’est vrai, que tu trouves ça ben dur de dompter ton cerveau qui s’efforce de te crier à la face que t’es laide pis que t’es pas désirable. Ces messages-là ont pas dû aider ben, ben ton discours mental, à retrouver le droit chemin de l’acceptation de soi.

Pis on va se le dire, c’est hypocrite en titi d’envoyer un message préformatté à une trallée de filles que tu trouves qui ont le potentiel d’adhérer à ton « entreprise », en leur remettant en pleine face qu’elles sont laides et grosses, quand le même message dit que tu veux les aider à s'aimer...

C’est sûr que c’est pas mal moins payant, et que t’as pas mal moins de chances de gagner une croisière de félicitations avec tous tes copains pseudo-entraineurs « gentils organisateurs de la condition physique féminine », quand t’es vraiment préoccupé par le bien-être et la remise en forme de mamans qui ont déjà une faible estime de soi et des complexes évidents.

Mais moi, j’en ai pas, de bouffe en poudre à vendre. J’ai pas non plus de DVD, ni de recette de brownies aux bines noires à filer à toutes les amies d'une amie, qui me donneront leur adresse email en privé.

Je ne crois pas, que « la sueur est du gras pleure », que les « perdants ne gagnent jamais et que les gagnants ne quittent jamais », ni que tu n’as « pas d’excuses » pour te laisser aller. (traductions libres de grands mots d’esprits motivationnels)

MAIS

Je suis convaincue que chaque maman a en elle la petite étincelle qu’il lui faut pour trouver le bon moyen d’apprendre à s’aimer. Sans devoir se faire violence. Sans d’abord passer par l’étape de se sentir moche et poche parce qu’elle n’est pas sur un tapis roulant deux semaines après son accouchement, qu’elle porte encore ses pantalons de maternité et que ses hormones sont encore dans le top. Je crois en la bienveillance et en l'équilibre.

Personne n’a besoin de se faire dire par une inconnue qu’elle doit de se faire sauver de sa propre apocalypse, dont elle seule est responsable, parce qu’elle ne s’est pas occupée d’elle-même de la « bonne façon ». Personne n’a besoin de se faire garrocher par une inconnue que sa photo de profil Facebook lançait un appel à l’aide aux gourous de la santé en poudre autoproclamés. Ça n’existe pas, des messies de la santé.

Alors, ma chère maman : que ton enfant aie trois semaines, trois ans ou douze, quand tu en sentiras le besoin et SI tu en ressens le besoin, de grâce, entoure-toi de gens compétents qui ont à cœur ta santé physique et mentale, pas de Saran-Wrap qui fait suer ton tour de taille. Des gens qui ont fait de vraies études pour t’accompagner. Des gens qui vont peut-être te couter plus cher qu’un « like » sur une page, mais qui ne risquent pas de finir par te couter des frais de physiothérapie et de psychologue pour soigner les blessures qui t’auront été insidieusement infligées.

En attendant, les recettes de brownies aux bines noires, pis celles de gruau au frigo, je te promets que Google peut te les donner sans t’enfirouaper.

De rien, là!