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Des milliards $ de l’État en aide aux entreprises

Le Québec est le champion des subventions au Canada, selon une étude

STOCKQMI-AVION
Photo d'archives, Agence QMI Le secteur de l’aéronautique est l’un des plus subventionnés au Québec, avec l’agriculture et les nouvelles technologies, selon l’IEDM.

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De toutes les provinces canadiennes, aucune n’accote le Québec quand vient le temps d’avancer des millions $ en subventions pour les entreprises. Une particularité qui n’apporte pas les retombées attendues, affirme une étude réalisée par l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Crédits d’impôt remboursables ou non, prêts à taux avantageux, subventions en tout genre, garanties... proportionnellement, les entreprises du Québec reçoivent deux fois plus d’aide de l’État que celles de l’Ontario.

Mais ces coups de pouce financiers ne permettent pas pour autant de faire prospérer la province, affirme le groupe de réflexion, en se basant sur des données gouvernementales.

« Les revenus fiscaux des entreprises au Québec représentent 7,5 milliards $ », souligne Alexandre Moreau, analyste en politiques publiques à l’IEDM.

« Sauf que près de la moitié des recettes qu’on perçoit, c’est-à-dire au moins 41 cents pour chaque dollar, sont ultimement redonnées en subventions. C’est beaucoup. »

Des milliards de « dons »

Seulement dans la dernière année, les entreprises privées du Québec se sont vu octroyer plus de 1,2 milliard $ en subventions, généralement non remboursables, de même que 1,9 milliard $ en crédits d’impôt et 5,7 milliards $ en prêts et placements, calcule-t-il.

Québec accorde aussi des garanties de prêts, dont le solde s’élevait à 6,8 milliards l’an dernier.

Ces données sont impressionnantes, mais les données « réelles » sont probablement plus élevées que ce que permettent de constater les données gouvernementales, affirme M. Moreau.

Les secteurs agricoles, des nouvelles technologies et de l’aéronautique figurent parmi ceux qui sont les plus dépendants de l’aide gouvernementale, alors que bien souvent elles sont très profitables, ajoute-t-il.

Et les autres provinces ?

Selon les calculs de l’IEDM, pour chaque 100 $ généré par l’économie québécoise, 0,86 $ sont ensuite versés en subventions en tout genre. L’Ontario en accorde 0,40 $ et l’Alberta 0,39 $, en comparaison.

« Le gouvernement parle toujours de création de richesse, mais quand on voit le produit intérieur brut (PIB) par habitant et les données en matière de subventions, on voit bien qu’il n’y a aucun lien entre les subventions et l’augmentation du PIB. »

Le Québec génère 19 % du PIB total des provinces, mais accorde près de 29 % des subventions consenties par celles-ci.

Le PIB par habitant était de 47 443 $ au Québec en 2016, contre une moyenne de 58 585 $ au Canada, quand on exclut la province.

Rappelons que l’IEDM prône une réduction de la taille de l’État.

Subventions versées et PIB provincial en proportion du total de toutes les provinces, 2013-2017