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Associé malgré lui à l'industrie du pot, Guy Lafleur dénonce la légalisation

SPO-INAUGURATION D’UNE 10E PATINOIRE BLEU BLANC BOUGE
Photo Agence QMI, Andréanne Lemire Interrogé mardi lors de l’inauguration d’une patinoire à Trois-Rivières, l’ancienne vedette du Canadien de Montréal Guy Lafleur était très surpris de voir son nom être associé à un projet d’usine de cannabis, lui qui est contre la légalisation de ce produit.

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L’ancienne vedette du Canadien de Montréal Guy Lafleur n’en revient pas qu’un homme se disant être son neveu utilise son nom pour mousser un mégaprojet d’usine de cannabis dans les Cantons-de-l’Est.

Pourtant ouvertement opposé à la légalisation du pot, Lafleur n’en croyait pas ses yeux hier lorsque nous lui avons présenté un communiqué de presse émis par la firme MYM Nutraceuticals de Vancouver.

Ce sont MYM et sa filiale québécoise, CannaCanada, qui veulent construire 15 serres de 100 000 pieds carrés chacune à Weedon, municipalité de 2800 âmes au nom prédestiné située entre Sherbrooke et Thetford Mines. Le projet est évalué à 200 millions $.

Un musée du cannabis, un laboratoire de recherche, un « centre d’éducation » à la marijuana et même un hôtel et un auditorium sont aussi dans les cartons de cette entreprise publique inscrite à la Bourse nationale canadienne (CNSX).

« Yann Lafleur, président de CannaCanada Inc., est le neveu de la superstar de hockey canadienne Guy Lafleur », vante le communiqué émis en juin dernier, sans le consentement du « Démon blond ».

Rencontré hier à Trois-Rivières en marge de l’inauguration d’une patinoire communautaire financée par la Fondation des Canadiens pour l’enfance, Guy Lafleur a vite remis les pendules à l’heure.

« Je ne connais pas de Yann Lafleur. Il n’est pas de ma famille, je vous le dis. Je ne sais pas ce que mon nom fait là. »

« C’est ridicule »

Lafleur trouve que son lointain cousin, si tel est le cas, en a fumé du bon, comme on dit en bon québécois.

« C’est ridicule que quelqu’un utilise mon nom », ajoute-t-il en faisant référence à son opinion bien tranchée sur le sujet.

En effet, Lafleur a plus d’une fois déclaré être opposé à la légalisation du cannabis. Il soutient que son fils Mark, qui a eu plusieurs déboires avec la justice, « a commencé avec le pot et a fini avec les drogues dures ».

« Le gouvernement légalise le pot pour les revenus, a-t-il répété hier. C’est la seule raison. Ça représentera des milliards en profits chaque année. Ça coûtera aussi des milliards en frais médicaux. D’un autre côté, c’est donc un peu échanger quatre vingt-cinq sous pour un dollar .»

Contacté hier, Antonio Bramante, un ami d’Yann Lafleur, a dit que ce dernier était injoignable pour la journée.

« Le cellulaire ne rentre pas où il se trouve », nous a expliqué celui qui se dit aussi « consultant » pour le projet de Weedon.

La veille, un autre porte-parole pour le projet de Weedon nous avait pourtant assuré qu’Yann Lafleur nous rappellerait hier.

Un « cousin », dit son ami

Antonio Bramante dirige une clinique d’information sur le cannabis médicinal à Montréal, La Décision de la nature, qui a été déclarée illégale par le Collège des médecins au début 2017.

Celui-ci nous a affirmé qu’Yann Lafleur n’était pas le neveu, mais bien un lointain « cousin » de l’ancien numéro 10 du CH.

Il s’est dit incapable d’expliquer pourquoi l’information comme quoi il était le neveu de Lafleur se retrouvait dans un communiqué officiel émis par une firme publique.

La direction de MYM Nutraceuticals à Vancouver n’a jamais rappelé Le Journal, malgré deux appels téléphoniques dans les dernières semaines et un courriel.

Le projet de Weedon

  • 150 000 pieds carrés de production de pot
  • Récolte prévue de 150 000 kilos par année
  • Revenus projetés de 750 millions $ par année
  • Des études cliniques sur le pot seront menées sur place, selon les promoteurs
  • L’entreprise dit vouloir mettre l’accent sur la production de cannabis médicinal

– Avec la collaboration d’Annabelle Blais et de François-David Rouleau