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Nos écoles, une honte!

Sébastien Proulx
Photo d’archives, simon clark Sébastien Proulx

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C’est un grand coup que donne le gouvernement dans la rénovation des écoles. Les chiffres contenus dans l’annonce du ministre de l’Éducation frappent l’imaginaire. 740 millions $. 2000 projets de rénovation.

Pour un gouvernement qui a de l’argent disponible, rénover les bâtiments scolaires constitue une très bonne priorité. Certainement pas un luxe ! Il s’agit simplement de tourner la page sur la négligence que nous avons démontrée comme société en la matière.

L’état de nos écoles est une honte, rien de moins ! Des bâtiments vétustes, laids, aux allures d’être abandonnés. Dans certains cas, le manque d’entretien a conduit à compromettre la salubrité des édifices. Plusieurs écoles furent carrément condamnées ! Pour en arriver là, l’air n’était plus très sain dans les mois précédents.

Le pire pour nos enfants

Au fond de nous, nous savons tous que dans l’ensemble du secteur public des bâtiments dans cet état ne seraient pas tolérés. Des bureaux des ministères aussi délabrés ? Jamais. Le siège social d’une société d’État autant en décrépitude ? Impensable.

Et une SAQ ? Pourtant c’est moins important qu’une école, c’est juste un endroit avec des tablettes pour vendre le vin. Pourtant nos SAQ sont bien entretenues, bien décorées, avec du design et des matériaux de qualité.

Si l’on avait demandé individuellement à chaque Québécois s’il pouvait tolérer une négligence aussi gênante dans l’entretien des écoles, nous aurions tous dit non. Mais collectivement, nous l’avons fait néanmoins.

La qualité des locaux fait partie de la réussite éducative. De plusieurs façons. D’abord, les problèmes d’espace peuvent venir gâcher l’expérience éducative. Manger en classe à son pupitre, c’est mauvais. Pour le prof et pour les élèves. Manger dans les corridors, c’est pire... et ça existe.

Annuler des activités de sport, priver les jeunes des arts plastiques ou de la musique avec comme raison qu’on n’a pas les locaux requis, c’est nul. L’expérience d’un jeune qu’on veut garder accroché à l’école ne devrait pas être détériorée par notre incompétence à fournir les lieux appropriés.

Santé

La salubrité des bâtiments peut aussi simplement représenter un enjeu de santé. La présence de moisissures, dégradant la qualité de l’air, représente le fond du baril pour un lieu où une société accueille ses enfants pour la journée. Et que dire de l’enjeu de santé au travail pour les pauvres enseignants.

Mais au-delà du reste, des bâtiments scolaires accueillants passent un message aux enfants. Si le directeur de l’école fait un beau discours au début de l’année sur l’importance de l’éducation, si les parents martèlent l’importance de l’école, si l’enseignant discourt sur la valeur des études, leur message perd de la crédibilité lorsque l’école est un taudis.

Les jeunes sont jeunes, mais ne sont pas fous. L’importance réelle que la société met en l’éducation doit se voir. Investir dans des installations de qualité, c’est crier à sa jeunesse que l’école, nous trouvons ça important pour vrai.

Pour le reste, rêvons qu’un jour nous devenions une société assez mature pour rénover les écoles avant qu’elles ne tombent en ruines et entretenir les viaducs avant qu’ils ne nous tombent sur la tête.