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Deneuve et Margaret Atwood: même combat!

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Après Catherine Deneuve, c’est au tour de Margaret Atwood, la plus célèbre de nos auteures avec Alice Munro, d’être traînée dans la boue par des féministes enragées. Leurs crimes ? Deneuve pour avoir signé une lettre assez maladroite d’une centaine de Françaises. Atwood pour avoir publié dans le Globe and Mail de samedi dernier un papier intitulé Am I a Bad Feminist ? (Suis-je une mauvaise féministe ?)

Tout en vilipendant les agresseurs sexuels et en disant leur sympathie pour les victimes (quelques jours trop tard dans le cas de l’actrice française), les deux illustres femmes soulignaient les lacunes de nos systèmes de justice et leurs craintes de voir dériver les mouvements #balance ton porc et #MeToo.

Elles s’inquiétaient aussi, avec raison, de l’érosion de l’État de droit et de la présomption d’innocence. Une inquiétude qui n’effleure même pas les hystériques qui multiplient les invectives sur les réseaux sociaux.

MONIQUE SIMARD

Lundi soir, dans une entrevue qu’elle donnait à l’émission 24/60 à la suite de son départ de la SODEC, Monique Simard, amenée sur le sujet par Anne-Marie Dussault, a admis, un brin mal à l’aise, que dans la plupart des cas de harcèlement ou d’inconduite sexuelle, « le procès populaire est fait, c’est donc pas nécessaire d’aller à la cour ». Sans trop s’en rendre compte, Monique Simard excusait ainsi le lynchage médiatique et populaire. Comme si une bonne cause justifiait tout, déni de justice compris.

On court donc de grands dangers en exprimant des réserves sur des mouvements comme #EtMaintenant que viennent de lancer des Québécoises. Leurs initiatrices ne font pas dans la dentelle. La plupart des hommes l’ont bien compris, d’ailleurs. Au lieu de débattre et d’essayer d’y voir plus clair, ils restent muets comme des carpes en attendant qu’on se calme. Quant à ceux qui parlent, ils suivent le courant.

Le climat est à ce point délétère que même une féministe aussi reconnue que Margaret Atwood n’échappe pas à la vindicte des activistes. Comment croire que l’auteure de tant d’œuvres ayant dénoncé le patriarcat et la sujétion des femmes (comme La servante écarlate) soit subitement devenue misogyne ? Aussi bien accuser Lise Payette (ce qu’on s’est permis de faire, d’ailleurs), Janette Bertrand ou la regrettée Thérèse Casgrain d’être antiféministes.

CROIS OU MEURS !

Le changement souhaitable de paradigme qui doit s’installer dans les relations entre hommes et femmes a-t-il besoin de passer par le « crois ou meurs » de l’époque du maccarthysme ? Quand le débat n’est pas possible, que les divergences ne peuvent être discutées, quand on n’a plus d’autre choix qu’applaudir les thèses les plus extrêmes, la chasse aux sorcières est inévitable. « Dans une période d’extrêmes, ce sont les extrémistes qui gagnent », écrit Margaret Atwood ! C’est ainsi que devient monnaie courante la culpabilité par association.

Le congédiement incompréhensible de la directrice du Théâtre Soulpepper en est un parfait exemple. Leslie Lester, directrice générale du théâtre depuis 16 ans et productrice de la sitcom Kim’s Convenience (CBC), a été remerciée sans raison par le conseil d’administration du théâtre. Son « crime » ? Être l’épouse d’Albert Schjultz, metteur en scène et directeur artistique du Soulpepper, qui a démissionné le 4 janvier après des allégations d’inconduite sexuelle.

Va-t-on continuer de prétendre que l’excitation actuelle est sans danger ?

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Très mauvaise nouvelle, hier : Donald Trump est en excellente santé !