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Des taux d’intérêt en hausse à prévoir

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La Banque du Canada vient d’augmenter pour la troisième fois en sept mois son taux directeur, celui-ci passant de 0,50 % en juin dernier à 1,25 % hier. Et l’escalade du loyer de l’argent n’est pas terminée, loin de là.

C’est évidemment une mauvaise nouvelle pour les emprunteurs dont la facture des frais d’intérêt va forcément grimper. Les victimes sont nombreuses. Il suffit de penser aux détenteurs de prêts hypothécaires, de prêts personnels, de prêts commerciaux ou industriels.

Et malheureusement pour eux, ça va empirer, car les taux vont continuer d’augmenter au fil des prochains semestres.

Taux directeur

D’ici la fin de l’année, le taux directeur de la Banque du Canada pourrait atteindre les 2,00 %, à comparer à seulement 0,50 % en juin 2017.

C’est notamment ce que prévoit l’économiste Paul-André Pinsonnault, de Banque Nationale Marchés financiers. Pour le reste de l’année, il anticipe trois autres hausses du taux directeur au cours des prochains trimestres.

Pour sa part, l’économiste principal chez Desjardins, Benoit Durocher, estime qu’à 1,25 %, le taux directeur « est encore nettement inférieur au taux neutre », lequel se situe, dit-il, entre 2,50 % et 3,50 %.

Voilà pourquoi il croit lui aussi que de nouvelles hausses « seront donc nécessaires au cours des prochains trimestres pour resserrer les conditions monétaires » au pays.

La hausse des taux d’intérêt est attribuable à la croissance économique. Et elle vise à limiter les pressions inflationnistes.

À 1,25 %, le taux directeur est encore loin du niveau des 4,5 % qu’il avait atteint à l’été 2007, soit juste avant que s’amorce la crise financière de 2008-2009. En décembre 2009, il était descendu à 0,25 %.

Conséquences

Toute hausse du taux directeur se répercute inévitablement sur la grille des taux d’intérêt.

Prenons une hypothèque. Dans l’hypothèse où les taux hypothécaires grimpent en cours d’année d’un point de pourcentage, cela se traduirait par une hausse mensuelle de 52 à 57 $ par tranche d’hypothèque de 100 000 $, amortie sur 25 années. Sur une base annuelle, on parle donc d’une augmentation de coût hypothécaire allant de 624 à 684 $.

À première vue, ce n’est pas la fin du monde. Mais tout dépend de la marge de manœuvre financière que l’on a. Comme on sait, nombre de ménages sont lourdement endettés. Et la moindre dépense additionnelle risque de les mettre dans le trouble.

Bien entendu, les prêts personnels, commerciaux et industriels vont tous emboîter le pas.

C’est plus que jamais le moment de négocier au maximum les conditions de ses emprunts afin de minimiser les hausses.

Des gagnants

Mais la hausse du taux directeur sera grandement appréciée de la part des épargnants qui misent sur les placements conservateurs comme les CPG et les obligations émises par Épargne Placement Québec pour faire fructifier leurs épargnes.

Et au nombre des gagnants, se retrouvent les retraités qui craignent comme la peste la Bourse et les fonds communs d’actions.

Les épargnants conservateurs peuvent recommencer à au moins protéger leurs épargnes contre l’inflation.