/news/currentevents
Navigation

Jaggi Singh réclame l’entièreté de la preuve pour sa défense

Arrêté en marge des manifestations du 20 août, le militant anarchiste affirme avoir droit de consulter l’ensemble de la preuve au dossier

Arrêté en marge des manifestations du 20 août, le militant anarchiste affirme avoir droit de consulter l’ensemble de la preuve au dossier.
Photo d'archives Stevens LeBlanc Arrêté en marge des manifestations du 20 août, le militant anarchiste affirme avoir droit de consulter l’ensemble de la preuve au dossier.

Coup d'oeil sur cet article

Le militant anarchiste Jaggi Singh a poursuivi vendredi sa croisade afin d’obtenir de la Couronne l’ensemble de la preuve entourant les manifestations du 20 août 2017 lors desquelles il a été arrêté pour entrave et supposition de personne.

Lors d’un plaidoyer de plus de trois heures en matinée et en cuisinant longuement l’enquêteur responsable du dossier en après-midi, le manifestant accusé de s’être fait passer pour l’ancien Nordique Michel Goulet a défendu sa vision de la divulgation de la preuve. Selon lui, la Couronne se doit de lui fournir tout ce qui entoure les événements du 20 août plutôt que les événements strictement liés à son arrestation. Il a déposé à la Cour municipale une requête en 37 points en ce sens.

« Je dois avoir accès à tous les documents reliés pour préparer ma défense et mon plaidoyer. Qui sait, je pourrais plaider coupable, c’est dans l’intérêt de la Couronne de me remettre la preuve », a-t-il lancé, invoquant l’arrêt Stinchcombe de la Cour suprême.

La procureure de la Couronne, Me Marie-Hélène Guillemette, s’oppose quant à elle fermement au dépôt de certains éléments, dont des bandes audio et vidéo complètes de l’intervention. « Je continuerai de m’opposer parce que les manifestations ont duré quatre heures et l’arrestation de M. Singh, 10 minutes. »

Question de sécurité

La Couronne a fait témoigner l’enquêteur chargé du dossier, le lieutenant-détective Stéphane Noël, pour démontrer le bien-fondé de son opposition à la requête de Jaggi Singh. D’après l’enquêteur, le dévoilement de ces éléments de preuve poserait un risque pour les policiers lors de futures manifestations.

« Ça dévoilerait des tactiques de travail et le fonctionnement du MRO (Unité de maintien et rétablissement de l’ordre). Ça mettrait en garde lors de prochaines manifestations des groupes qui seraient en altercation avec les policiers. Ils pourraient anticiper nos manœuvres et mettre en danger nos membres », a souligné l’enquêteur Noël.

Malgré ces arguments, Jaggi Singh continue de croire que son arrestation et l’ensemble de la manifestation ne peuvent être étudiés séparément. Il entend prouver que son arrestation n’était pas justifiée. « Les procédures sont probablement de l’abus, mais j’ai besoin de la preuve pour établir ça », estime l’accusé.

Peu d’avancement

Malgré de longues procédures tout au long de la journée de vendredi, les plaidoiries des deux parties quant à la requête en divulgation de la preuve n’ont pu être complétées. Jaggi Singh sera donc de retour en cour le 1er mars prochain pour poursuivre cette étape préliminaire. D’ici là, la Couronne et la défense se sont entendues pour discuter des pièces déjà remises et de la possibilité de dévoiler d’autres pièces à la demande du juge Pierre Bordeleau, question de faire avancer le dossier plus rapidement.

Réagissant aux délais de maintenant cinq mois depuis son arrestation, Jaggi Singh a affirmé que ce n’est pas lui qui avait fait le choix de lancer cette série de procédures, mais bien « le maire, la Couronne et la police ».

« Je suis sûr qu’ils regrettent aujourd’hui de m’avoir arrêté parce que je fais tout ça, mais je suis en droit de faire tout ça. [...] Toute cette affaire n’aurait pas eu lieu si on avait laissé ça aller, si on s’en était tenu à une contravention comme c’était le cas au départ [le jour de la manifestation]. Mais des gens ont choisi d’en faire une grosse affaire », a plaidé Jaggi Singh devant la cour.