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La propagande de Trump

Donald Trump
Photo d'archives Donald Trump

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Tous les gouvernements font de la propagande. Ils en font pour vanter les mérites de leurs pays. Ils en font pour magnifier leurs réussites.

Ils en font pour masquer leurs échecs et accabler leurs adversaires. Rien de neuf là-dedans. Mais le gouvernement de Donald Trump pousse la propagande à un niveau rarement atteint dans les démocraties. Son utilisation de Twitter constitue l’illustration la plus visible de cette propagande. Sa haine rageuse des médias est quelque chose de neuf dans la politique américaine.

1. Pourquoi Twitter est-il un instrument de propagande ?

Twitter est un outil qui permet à Trump de parler directement, sans filtre, à tout un chacun. Cette communion directe entre un dirigeant et une population était auparavant très rare.

Elle se retrouvait chez les plus grands dirigeants, comme Churchill ou De Gaulle, comme chez les plus grands dictateurs, par exemple Hitler ou Mao. Mais Twitter révolutionne tout.

Tous peuvent suivre quotidiennement le président sur son compte Twitter. Or, si Churchill et de Gaulle faisaient preuve de retenue dans ce genre de relations avec leur population, il n’en est rien des dictateurs ni de Trump.

2. Quels exemples peuvent illustrer les techniques de propagande de Trump ?

Les sénateurs républicains Jeff Flake et John Mc Cain ont comparé les techniques de propagande de Trump à celles de dictateurs. Ils ont raison. Par exemple, son habitude d’accrocher un qualificatif méprisant à ses adversaires était pratiquée avant lui par les nazis. Le terme « crooked Hillary » (Hillary la malhonnête) est une illustration de cette technique. Une autre règle de la propagande fasciste était l’exagération. Or, Trump est toujours le meilleur dans tout ce qu’il entreprend. Il est « un génie stable ». Les dictateurs communistes ne parlent pas autrement d’eux-mêmes. Xi Jinping se fait comparer à Marx et à Mao. Autre exemple, Trump aime bluffer. Il bluffe contre la Chine, le Canada, la Corée du Nord... Mussolini aussi adorait bluffer.

3. Pourquoi les « fausses nouvelles » sont-elles de la propagande ?

Trump vient de décerner 11 prix pour de fausses nouvelles aux médias. À le croire, les médias américains sont imbibés de fausses nouvelles. Pourtant, ses 11 exemples de fausses nouvelles sont à peu près tous dérisoires.

Parmi ses fausses nouvelles dérisoires, Trump dénonce des journalistes qui lui reprochaient d’avoir mal nourri des poissons lors de sa visite au Japon, alors qu’il imitait le premier ministre japonais. Bien sûr que Trump a raison. Mais cette fausse nouvelle a-t-elle changé la face du globe ? Certainement pas. Presque toutes les fausses nouvelles qu’il dénonce sont insignifiantes. Pourtant, à entendre Trump fustiger les médias, on aurait dû s’attendre à trouver des dizaines, sinon des centaines de fausses nouvelles importantes dans le site de Trump. Or, il n’en est rien.

4. Pourquoi Trump s’acharne-t-il contre les médias ?

Trump ne pardonne pas aux médias d’avoir des vues souvent contraires aux siennes. Il ne leur pardonne pas de le contredire publiquement, d’avoir eux aussi un accès aux électeurs. Alors il tente de discréditer les médias.

5. Trump parvient-il à discréditer les médias ?

Seulement 21 % des électeurs républicains estiment que les médias couvrent les nouvelles de manière équitable. Chez les démocrates, 55 % des électeurs trouvent qu’ils font bien leur travail. Autrement dit, 79 % des républicains ne font plus confiance aux médias. Trump n’est pas seul à discréditer les médias. Ceux-ci le font parfois très bien eux-mêmes. Mais Trump contribue volontairement et puissamment au mouvement.