/news/education
Navigation

Il a appris à lire et à écrire seul avant même la maternelle

Ses parents sont à bout de ressources pour leur garçon qui apprend trop vite

Lors du passage du Journal, Manolo Poirier-Nantel a passé plus de vingt minutes à jouer avec son cube Rubik.
Photo Benoît Philie Lors du passage du Journal, Manolo Poirier-Nantel a passé plus de vingt minutes à jouer avec son cube Rubik.

Coup d'oeil sur cet article

Manolo Poirier-Nantel a appris à lire, écrire et multiplier par lui-même avant même d’entrer à la maternelle, à la grande surprise de ses parents, qui n’avaient rien vu venir. Le garçon de 10 ans a beau être surdoué, il est malheureux sur les bancs d’école et sa mère ne sait plus quoi faire avec lui.

« Il est hypersensible, super précis, justicier et très rigide, explique sa mère Marie-Claude Nantel. C’est intense et pas reposant, au quotidien. »

Manolo est un petit garçon aux yeux brillants et à l’esprit très vif. « J’apprends plein de choses, mais je ne sais même pas comment je les apprends », dit-il en se tapotant la tête avec son index.

Ce qu’il aime le plus au monde, ce sont les maths. Manolo raconte avoir eu 100 % à l’examen de maths de 6e année alors qu’il n’était qu’en troisième année.

Il aime aussi les cours de gym, la géo et la musique. À une certaine époque, il rêvait de devenir fermier, raconte sa mère. Mais son intérêt pour les sciences prend maintenant le dessus.

Ennui et anxiété

Selon sa mère, ses résultats scolaires ont toujours été au-delà des exigences.

Mais il y a l’envers de la médaille. Manolo analyse tout. Au point de devenir terriblement anxieux. Des choses toutes simples, comme faire un bricolage, peuvent devenir des tâches insurmontables pour lui. Il supporte mal le changement et fait des colères pour un rien.

Dans ses cours, le petit s’ennuie et n’a aucune motivation. « C’est plate et long et trop facile. Je voudrais faire des choses plus difficiles », déplore-t-il.

Il parle de son plus récent devoir de maths, où il n’avait même pas à faire de calculs. « Il fallait dessiner et écrire... », se plaint-il.

L’école a toujours été une importante source d’anxiété pour lui.

« En 1re année, à l’école internationale, j’ai commencé à avoir des problématiques pour l’envoyer à l’école au retour des Fêtes et en 2e année, dès le mois de novembre, poursuit-elle. Il était de plus en plus anxieux », explique-t-elle.

L’année d’après, Mme Nantel a déboursé 1500 $ pour avoir une évaluation neuropsychologique complète de son garçon. Le diagnostic est tombé. Manolo fait partie du 2 % de la population qui est considérée comme étant surdouée.

Peu de ressources

Manolo fréquente cette année un collège privé, en quatrième année, dont sa mère préfère taire le nom.

Un dernier espoir « coûteux » pour Mme Nantel, qui tente désespérément de trouver un programme éducatif qui pourra convenir à son garçon. « Cette année ça semble mieux, du moins pour l’instant, explique-t-elle. Mais je crois que ça lui prendrait quelque chose fait sur mesure pour lui. »

Les parents déplorent un manque de ressources flagrant pour les jeunes comme Manolo au Québec. « Il y a beaucoup de classes pour les jeunes en difficulté, mais il y a peu de classes enrichies. On nivelle par le bas et les plus doués écopent », estime Marie-Hélène Lepage, la belle-mère de Manolo, qui est enseignante de 6e année.

S’adapter à l’enfant

Néanmoins l’an dernier, à l’école internationale Wilfred-Pelletier, l’enseignante de 3e année Carmel Bergeron était attentive aux besoins de Manolo.

Celle-ci s’est intéressée à la douance, dans un effort autodidacte, et a tenté d’adapter ses cours pour le jeune

Chaque année, Mme Bergeron a un ou deux élèves plus avancés dans sa classe. « Mais Manolo est le plus doué que j’ai rencontré en 10 ans de carrière », dit l’enseignante.

« Il faut s’adapter à sa rapidité et être assez flexible pour ne pas lui demander des exercices répétitifs. Mais il y a des limites à ce que je peux faire seule. J’ai une classe complète à gérer. »

Selon Mme Nantel, Manolo a été chanceux d’avoir Mme Bergeron comme enseignante. « Les profs connaissent les troubles de déficit d’attention et du spectre de l’autisme, mais rares sont ceux qui savent c’est quoi la douance. »