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Rétrospective sur le Québec d’aujourd’hui

Made in Beautiful explore avec humour et autodérision ce qui a façonné la société québécoise

La distribution de la pièce Made in Beautiful (Belle Province), à quelques jours de la première, lors des répétitions. 
Photo courtoisie La distribution de la pièce Made in Beautiful (Belle Province), à quelques jours de la première, lors des répétitions. 

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Après avoir exploré l’urgence de vivre de la génération Y dans la pièce Doggy dans gravel, Olivier Arteau a choisi de remonter dans le temps afin de comprendre ce qui a sculpté le Québec d’aujourd’hui.

À l’affiche à Premier Acte, à partir de mardi, Made in Beautiful (Belle Province) présente, à travers trois générations, les grands enjeux qui ont façonné la société québécoise.

« Doggy dans gravel avait comme objectif de définir, de façon grotesque, ce que nous sommes aujourd’hui. J’avais envie, avec cette nouvelle création, de voir d’où l’on vient et de m’intéresser aux événements qui ont contribué à faire ce que nous sommes devenus », a expliqué, lors d’un entretien, l’auteur, metteur en scène et comédien.

La distribution de la pièce Made in Beautiful (Belle Province), à quelques jours de la première, lors des répétitions. 
Photo courtoisie

 

Des événements, tels que le référendum de 1995, le droit des homosexuels de se marier, le Printemps érable, l’arrivée de Justin Trudeau à la tête du Canada et le débat entourant les questions d’identité.

« Justin Trudeau proclame que le Canada est un pays extrêmement ouvert parce qu’il n’a pas d’identité. Est-ce que cette grande ouverture d’esprit a ses limites ? Made in Beautiful (Belle Province) est aussi une célébration du chemin parcouru en ce qui concerne le féminisme et les acquis des dernières années », a-t-il indiqué.

La pièce, précise Olivier Arteau, présente les effets de ces différents événements sur une même famille de classe moyenne, à travers trois générations. On les voit cheminer à travers les questions de libertés individuelles, le racisme, le régime de la peur et ce qui concerne l’identité.

La distribution de la pièce Made in Beautiful (Belle Province), à quelques jours de la première, lors des répétitions. 
Photo courtoisie

 

Un sujet qui évolue

On suit cette famille à travers des soirées d’Halloween qui se déroulent au fil des années et des événements qui ont été marquants, à partir de 1995.

« Il y a quelque chose de complètement ludique dans la manière dont les scènes sont orchestrées. On arrive toujours en plein milieu d’un party. Les enjeux sont sérieux, mais ils sont présentés avec humour et autodérision », a fait remarquer Olivier Arteau.

L’auteur, metteur en scène et comédien mentionne que le regard qu’il pose, avec Made in Beautiful (Belle Province) est un constat sur le Québec d’aujourd’hui. Un regard critique sur la perte d’une culture propre et aussi sur les bons côtés de ce que le peuple québécois est devenu.

« Il ne s’agit pas du constat cynique comme il en existe beaucoup dans la dramaturgie québécoise contemporaine. Il y a, dans notre proposition, un désir de célébrer ces mouvements-là et constater à quel point on a fait du chemin, même s’il en reste encore beaucoup à faire. C’est plus un constat qu’une critique », a-t-il laissé tomber.

La distribution de la pièce Made in Beautiful (Belle Province), à quelques jours de la première, lors des répétitions. 
Photo courtoisie

 

Olivier Arteau croit que sa nouvelle création, où l’on retrouve des éléments d’improvisation, du chant et des projections qui présentent certains événements, évoluera au fil des représentations et qu’elle sera toujours en mouvement.

« Nous sommes à quelques jours de la première et on coupe, on change des niveaux de jeu et on retranche des scènes. On cherche à être le plus juste possible. Je pense même que nous allons changer des choses en cours de représentations. C’est un sujet qui évolue, qui bouge continuellement et qu’on ne pourra jamais figer dans le temps », a-t-il fait remarquer.


Made in Beautiful (Belle Province) est présenté du mardi au samedi, du 23 janvier au 3 février, à Premier Acte.