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Villa de Leyva: la ville immobile

L’architecture est extrêmement simple et belle. Il y a des fleurs partout.
Photo courtoisie, Gilles Proulx L’architecture est extrêmement simple et belle. Il y a des fleurs partout.

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Que de choses à voir dans une si petite ville figée dans le temps ! Fondée en 1572, soit 36 ans avant Québec, l’étonnante Villa de Leyva a la particularité de ne pas s’être développée. Il n’y a pas vraiment plus d’habitants qu’au 16e siècle : environ 6000. Le plan de la ville demeure le même. Il n’y a pas de banlieue autour. Cet étonnant endroit se trouve dans une zone sans gisements à exploiter, loin des grandes routes commerciales, loin des chemins de fer, bref dans une sorte de no man’s land économique.

La ville fondée en 1572 n’a pas vraiment changé : la grande majorité des édifices datent du 16e siècle.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
La ville fondée en 1572 n’a pas vraiment changé : la grande majorité des édifices datent du 16e siècle.

Y a-t-il un meilleur exemple d’architecture coloniale préservée ? Je ne pense pas. On se croirait dans un hameau caché d’Espagne. Je m’y suis senti bien. Deux journées dans cet îlot tranquille m’ont permis de reprendre des forces. Les bruits et les échos semblaient provenir du passé. Les enfants qui jouaient. Les prêtres qui jasaient avec des vieillards. Les grandes places pavées sans arbre résonnaient, les sons voyageaient partout et travaillaient mon imagination. Si une équipe de cinéma voulait tourner un film d’époque, elle n’aurait pas besoin de toucher à quoi que ce soit (sauf à quelques fils électriques discrets ou soucoupes satellites).

On se croirait dans la vieille Europe ! La place d’armes n’a pas bougé depuis 400 ans
Photo courtoisie, Gilles Proulx
On se croirait dans la vieille Europe ! La place d’armes n’a pas bougé depuis 400 ans

Croyez-le ou non, même si bien sûr les édifices se sont électrifiés et même si l’eau courante est devenue la norme, on a l’impression que Villa de Leyda a échappé à l’industrialisation. Il n’y a aucun grand commerce moderne. Que des artisans et des boutiquiers. Contrairement à Venise qui s’est muséifiée dans un lieu touristique concentrationnaire où l’on se pile sur les pieds, Villa de Leyva, malgré ses quatre siècles, reste presque inconnue... Pas de masse de touristes. Bref, retenez ce nom méconnu : Villa de Leyva. C’est le joyau rare : la ville historique parfaitement préservée sans les touristes.

Sur cette grande place, les sons voyagent… comme autrefois.
Photo courtoisie, Gilles Proulx
Sur cette grande place, les sons voyagent… comme autrefois.

Le climat semi-désertique a dû aider à préserver cette ville figée dans le temps. Certains gauchistes rêvent d’un Montréal sans publicité – et je suis d’accord avec eux à ce sujet. On en a un bel exemple ici ! Ça repose les yeux et les sens.