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Les yeux rivés sur son rêve

La golfeuse s’apprête à entreprendre sa nouvelle aventure sur le circuit de la LPGA

Anne-Catherine Tanguay avait goûté au circuit de la LPGA, en 2016, en y jouant 10 tournois. Cette fois, elle vivra pleinement son rêve alors qu’elle projette de participer à près de 25 tournois grâce à son statut à temps plein sur le meilleur circuit féminin au monde.
Photo Agence QMI, Darryl Webb Anne-Catherine Tanguay avait goûté au circuit de la LPGA, en 2016, en y jouant 10 tournois. Cette fois, elle vivra pleinement son rêve alors qu’elle projette de participer à près de 25 tournois grâce à son statut à temps plein sur le meilleur circuit féminin au monde.

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À cinq jours du début de l’ouverture de la nouvelle saison sur le circuit de la LPGA, Anne-Catherine Tanguay est fébrile à l’idée de rivaliser avec les meilleures golfeuses de la planète. Son rêve, qu’elle chérissait en regardant autrefois Annika Sörenstam, deviendra bientôt réalité.

Aujourd’hui, elle débarque à Nassau dans les Bahamas afin de peaufiner son jeu en vue du premier tournoi de la saison, la Classique Pure Silk, sur les allées du magnifique club de golf Paradise Island. Elle y sera avec les neuf autres diplômées de la promotion 2017 du circuit Symetra, avec qui elle a tissé de forts liens d’amitié.

La Québécoise âgée de 27 ans a déjà établi sa stratégie. Avec son statut à temps plein remporté à la sueur de son front tout au long de l’année 2017 sur le Symetra, elle vise une participation à près de 25 tournois de la LPGA en 2018. Une lourde commande, mais la norme pour les quelque 80 golfeuses les plus occupées depuis plusieurs années.

« Mon objectif principal, c’est d’aller jouer en Asie à la fin de l’année. Si j’y arrive et que je réussis à me qualifier à trois des cinq championnats majeurs, je vais dépasser les 25 tournois », explique Tanguay en entrevue téléphonique avec Le Journal de Montréal.

Ces objectifs de performance proviennent de son insatiable appétit. Elle en demande toujours plus. Passionnée par son sport et disciplinée, elle démontre un fort caractère. Une qualité primordiale pour combattre sur les allées. « Je ne suis pas du mauvais côté du spectre. Il faut être faite forte dans l’élite », témoigne celle qui carbure à l’adrénaline de la compétition.

« C’est une fille très déterminée et persévérante. Cette qualité, elle tient ça de moi, explique son père, Yvan. La rage de vaincre, elle la tient de sa mère, Lucie. »

Cette dernière voit en quelque sorte sa fille vivre son rêve. Véritable mordue de golf, Mme Bellemare a commencé à titiller la petite balle blanche sur le tard à l’âge de 25 ans. « J’avais le feu sacré, qui sait si j’avais commencé plus jeune, relate la sympathique mère de trois enfants. Anne-Catherine fait ce que je voulais faire. »

Depuis le Castor !

Il n’y a pas si longtemps, Anne-Catherine remportait le championnat amateur féminin du Québec. C’était en 2012 et 2013. Cinq ans plus tard, elle se retrouve parmi la crème mondiale. La jeune femme de Québec en a fait, du chemin, depuis le Centre Castor, à Valcartier. Un endroit où elle a appris les rudiments du sport dès l’âge de 10 ans avec sa mère. Sa sœur Marie-Chantal faisait de l’équitation à proximité.

« Les enfants disaient qu’ils m’accompagnaient au Castor juste pour moi. Ils haïssaient jouer au golf. Ce n’était vraiment pas l’amour fou, relate Lucie avec plaisir en fouillant dans ses souvenirs. Il fallait donner aux filles des petits extras et amener des amis pour qu’elles commencent à aimer ce sport. »

Tanguay a commencé le golf vers l’âge de 10 ans en accompagnant sa mère, Lucie Bellemare, au centre Le Castor, à Valcartier.
Photo courtoisie
Tanguay a commencé le golf vers l’âge de 10 ans en accompagnant sa mère, Lucie Bellemare, au centre Le Castor, à Valcartier.

Un peu plus tard, la famille a déménagé ses sacs au club de golf de Beauce. C’est en participant à des tournois qu’Anne-Catherine a été piquée au vif. Le basketball, le volleyball et le soccer ont pris le bord, laissant la place à sa grande passion, dans laquelle elle espérait faire carrière.

« Anne-Catherine était bonne à 14, 15 ans, mais elle n’était pas extraordinaire. Elle a par contre progressé chaque année, explique son entraîneur depuis 12 ans, Fred Colgan. Quand on se retourne et qu’on évalue ce qu’elle a réussi depuis 10 ans, on aperçoit une constante évolution.

« C’est une fille extraordinaire, poursuit-il. Pour réussir, ça prend beaucoup de caractère et de force mentale. Ce sont ses plus grandes qualités. Si tu ne les as pas, au golf, c’est impossible de performer. »

Son élève ne vise rien de moins qu’une place dans le top 60 à la fin de la campagne. Une ambition à la hauteur de son talent, témoigne son équipe.

 

Questions en rafale

Quel est le plus beau terrain où tu as joué au fil de ta carrière ?

Sans aucun doute Mystic Creek près d’El Dorado en Arkansas. Je l’ai joué trois fois sur le circuit Symetra. Le design est incroyable [et] les conditions de jeu sont impeccables. C’est un trésor caché où il devrait vraiment y avoir un tournoi de la PGA ou de la LPGA.

Quelle est la plus belle région que tu as visitée dans tes nombreux voyages à travers les États-Unis ?

Le Colorado en raison des paysages et des montagnes. Les parcours de golf sont très beaux. Il faut aussi dire que les golfeurs sont avantagés. En raison de l’altitude, la balle voyage plus loin ! Je suis allée y jouer quand j’étais sur le circuit universitaire.

Tanguay a évolué durant quatre ans chez les Sooners de l’Université d’Oklahoma, dans la NCAA.
Photo courtoisie
Tanguay a évolué durant quatre ans chez les Sooners de l’Université d’Oklahoma, dans la NCAA.

Quel est ton bâton préféré, dans ton sac, qui t’aide à coup sûr ?

C’est mon bois de départ, un Callaway Rogue Sub-Zero. Je sais à 100 % qu’il ne me lâchera pas. Je frappe en moyenne 260 verges avec ce bâton.

Quel est ton plus bel exploit sur un parcours de golf ?

J’ai fait un trou d’un coup en tournoi du circuit Symetra quand ma mère agissait à titre de cadet. Je lui avais demandé de vérifier la distance selon mon bâton. J’avais un fer 7 à environ 160 verges au troisième trou. C’était à la Classique Health Wellness au club de golf Asheville, dans le Maine. C’est vraiment mon plus beau souvenir sur le terrain.

Si tu avais à composer un quatuor pour jouer avec des vedettes, qui choisirais-tu ?

Je crois que je demanderais aux golfeuses professionnelles Annika Sörenstam, Lorena Ochoa et la Canadienne Lorie Kane.

Qui était ton idole de jeunesse ?

Annika Sörenstam. J’ai grandi en la regardant dominer. C’était vraiment mon inspiration.

Tu as répondu « oui » à la demande en mariage de Jean-Hubert l’été dernier ; à quel endroit rêves-tu de te marier ?

Contrairement à ce que les gens peuvent penser, je ne tiens pas à me marier dans un club de golf ! Ça me prend de l’eau. Je vais donc me marier dans la région de Montréal, sur le bord de l’eau.

 

L’importance d’une équipe tissée serrée et forte

Tanguay compte sur l’appui indéfectible de son cadet et fiancé, Jean-Hubert Trahan. Ils forment une équipe du tonnerre sur le parcours.
Photo Agence QMI, Darryl Webb
Tanguay compte sur l’appui indéfectible de son cadet et fiancé, Jean-Hubert Trahan. Ils forment une équipe du tonnerre sur le parcours.

De plus en plus, au fil des dernières années, on entend les golfeurs et golfeuses parler à la première personne du pluriel. Le « nous » fait écho dans les conférences de presse, tant après les triomphes que les défaites, tant chez les hommes que chez les femmes.

C’est d’autant plus vrai dans le cas d’Anne-Catherine Tanguay, fidèle à ses racines québécoises depuis ses débuts. Son équipe a observé sa progression tout en la supportant. Elle lui a permis de graduer au sein du circuit de la LPGA. La golfeuse ne l’abandonnera pas, même si elle s’est hissée dans le grand cirque. Trop souvent, une fois rendus dans les hautes sphères sportives, les athlètes oublient ceux qui les ont propulsés.

Tanguay tient à son noyau. Elle compte sur son entraîneur de longue date, Fred Colgan, et son équipe médicale depuis plus de 10 ans.

« Je n’ai jamais eu de problème et j’ai toujours fait confiance à mon équipe. Je ne vois pas pourquoi je ferais des changements. Je suis chanceuse d’avoir chacun d’eux près de moi, insiste l’athlète de 27 ans. Fred me connaît depuis que j’ai 14 ans. C’est l’entraîneur le mieux placé pour prendre des décisions autant techniques que stratégiques. J’ai 100 % confiance en lui.

« Le golf est un sport très exigeant, ajoute-t-elle. C’est un gros travail d’équipe. C’est comme un casse-tête. S’il manque un morceau, on ne sera pas complet. J’ai besoin de mon entraîneur, mes médecins, ma physiothérapeute et ma massothérapeute. La priorité numéro un, c’est d’éviter les blessures. Donc, tout le monde joue son rôle. »

Elle a appris cette fidélité dans la maisonnée de Québec. « L’athlète doit évidemment avoir du talent, mais il doit aussi être bien entouré en ayant tout le soutien nécessaire, mentionne avec justesse son père, Yvan, voyant cette équipe comme une famille. Chez nous, nous sommes tissés serrés. »

Une arme de destruction

Dans l’entourage immédiat d’Anne-Catherine, un nom revient fréquemment comme l’un des artisans du succès : Jean-Hubert Trahan. Celui-ci n’est pas seulement son conjoint et son agent officiel, il est aussi son cadet fidèle au poste dans toutes les conditions.

« C’est vraiment son arme de destruction massive, affirme l’entraîneur Colgan. Il est une bénédiction, car il est extrêmement brillant. Il analyse une ronde de golf comme peu d’experts en sont capables. Il est toujours au fait des moindres détails. »

L’homme aux nombreux chapeaux dans l’équipe Tanguay tient d’ailleurs à jour une impressionnante banque de données techniques et statistiques sur sa golfeuse. Rien ne lui échappe. Il est donc plus facile de diriger les entraînements dans des conditions bien précises.

Auparavant golfeur professionnel ayant fait sa marque chez les amateurs du Québec et du Canada ainsi que dans les rangs universitaires américains, Trahan s’est toujours tenu aux côtés de son amoureuse dans la longue et éprouvante marche vers la LPGA. L’été dernier, il lui a fait la grande demande à Chicago. Anne-Catherine a évidemment répondu positivement. Les deux tourtereaux vivront donc la grande aventure ensemble en voyageant à travers le monde.