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Sale temps pour les fans d’Aerosmith

En critiques cette semaine: Fall Out Boy, Joe Perry, Julien Mineau, Bad Nylon et Jeff Rosenstock!

Sale temps pour les fans d’Aerosmith

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Joe Perry - Sweetzerland Manifesto

★★ ½

Il est là. Accoudé au bout du bar de la salle de billard du coin ou scotché au micro d’une soirée karaoké alors que Dream On résonne : le fan d’Aerosmith, une espèce aussi en voie de disparition que le groupe.

Alors qu’Aerosmith n’en finit plus d’annoncer la fin du quintette (de nouvelles dates de concerts de sa « dernière tournée » devraient s’ajouter sous peu), les membres du projet défaillent également. En juillet 2016, par exemple, le guitariste Joe Perry s’écroulait sur scène pendant une prestation de son violon d’Ingres Hollywood Vampires. Bref, les passionnés des « mauvais garçons de Boston » sont sur le qui-vive et ont le spleen dans les bottes.

En attendant l’inévitable, c’est au tour de Perry, justement, de relancer sa carrière solo avec Sweetzerland Manifesto, un album quand même surprenant.

« Solo » entre guillemets

Dire que Perry est bien entouré tient de l’euphémisme.

En effet, le guitariste a réuni plusieurs « vieux de la vieille » comme Robin Zander (de Cheap Tricks) ainsi que Terry Reid et David Johanssen (des New York Dolls) pour chanter ces compositions et collaborations où, mine de rien, Perry se montre très aventurier... pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

Ce disque ressemble donc davantage à une compilation et s’avère cruellement inégal. Pour chaque bijou à la I’ll Do Happiness, un brûlot blues qui plairait même aux fans des Black Keys, on a droit à plusieurs écueils comme I Wanna Roll, une pièce tout particulièrement barbante.

Conseil d’ami...

Sweetzerland Manifesto est sûrement la trame sonore idéale pour se battre avec une queue de billard entre les mains. Pour le reste, par contre, passez votre tour.

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Fall Out Boy - Mania

★★

En entrevue avec Rolling Stone, le bassiste et cofondateur du projet Pete Wentz laisse entendre que Mania se veut un album de transition.

Poursuivant son imbuvable flirt pop entamé sur Save Rock And Roll (2013), le quatuor se « renouvelle » en ajoutant encore plus de fioritures vaguement électros à des compositions accrocheuses, certes, mais aussi prévisibles à souhait... et c’est tout.

À ce point-ci, Fall Out Boy est un groupe juste un peu plus musclé que Coldplay. Pour les fans seulement.

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Julien Mineau - Game Of Death

★★★ ½

Après avoir concocté une œuvre somptueuse qui accompagnerait bien un film (l’album homonyme de Fontarabie), le multi-instrumentiste et réalisateur persiste et signe la trame sonore de Game Of Death, un drame d’horreur québécois qui n’en finit plus de se distinguer à l’internationale.

Faisant, bien malgré elles, écho aux musiques eighties de Stranger Things produites par le duo Survive, les compositions de Mineau sont toutefois plus ambitieuses, bien que courtes.

On en reprendrait, bref.

Bad Nylon - Bébé, t’es unique

★★★

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Volte-face ! Le projet rap local tirait sa révérence plus tôt en janvier avec cet album ultime... fort satisfaisant d’ailleurs. Seul bémol : le tiers de la production est consacré à une introduction qui s’étire ainsi qu’à deux skits pas aussi captivants que les autres pièces retrouvées sur ce chant du cygne.

Ceci étant dit, le quatuor met un terme à Bad Nylon – qui se scinde pour permettre aux membres de s’imposer davantage en solo – avec l’œuvre la plus maîtrisée et assumée de sa discographie.

Pour l’écouter et l’acheter : www.badnylon.bandcamp.com.

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Coup de coeur: Jeff Rosenstock - POST-

★★★★

Un peu plus d’un an après avoir fait paraître Worry, un deuxième album solo explorant, entre autres, les boires et déboires de la trentaine, Jeff Rosenstock revient déjà en force avec une troisième bombe pop punk.

Œuvre enregistrée dans l’urgence, POST- détonne de la discographie du saint patron des mélomanes drapés de chemises à carreaux en étant plus politisée (bien qu’on ne prend pas le risque de nommer Trump, par exemple).

Pour le reste, on demeure en terrain connu (et charmant), c’est-à-dire des mélodies vitaminées et des textes qui écorchent.

Bien joué!