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Combien vaut votre médecin?

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Votre oncologue vous a prescrit la bonne chimio et vous êtes en rémission ? Votre chirurgien a réussi votre greffe ? Votre médecin a trouvé votre bobo ? Comme bien d’autres à qui j’ai posé la question, vous êtes sans doute prêt à lui consentir une nouvelle hausse salariale.

« Bien sûr ! Mon médecin peut me demander n’importe quoi, il m’a sauvé la vie. Ça n’a pas de prix ça ! » Vous avez raison. Logique émotive, mais on la comprend. Si la vie n’a pas de prix, au Québec, les soins de santé, eux, en ont un. Les deux fédérations de médecins continuent de tirer la couverte de leur bord et Québec ne trouve rien de mieux que de se plier à leurs caprices, comme le rappellent les négociations en cours.

Trop de largesses

Au Québec, la médecine est une « business ». Un médecin sur deux est incorporé et a droit à un taux d’imposition plus avantageux grâce à un seul client, l’État. Essayez de faire la même chose, ça ne sera pas long que Revenu Québec va vous tomber dessus.

Alors que le ministre Barrette n’a pas d’argent pour rénover les blocs opératoires décrépits ou améliorer les services d’urgences, les prochaines largesses que son gouvernement compte faire aux médecins sont d’une extravagance douteuse. Certains médecins qui ont à cœur la santé de leurs patients le disent : « on ne veut pas plus d’argent, mais une meilleure organisation de nos soins. » On devrait les écouter.

Assez cher payés

Car plus d’argent versé aux médecins ne veut pas dire plus de services aux patients. Depuis dix ans, la rémunération moyenne d’un praticien a augmenté de 7,6 %. Les patients ont-ils attendu moins longtemps à l’urgence ? Non. Ont-ils plus facilement accès à un médecin de famille ? Non plus. Les spécialistes ont ramassé le pactole et gagnent près de 50 % de plus qu’il y a quatre ans.

C’est cocasse de voir le tollé soulevé par la hausse du salaire minimum à 12 $ alors que nos médecins ont eu droit depuis dix ans à un bond équivalent de leur salaire sans trop de remous. Faut croire que le statut de médecin permet tout. Y compris l’abus.