/finance/opinion/columnists
Navigation

L’ALENA doit survivre

Coup d'oeil sur cet article

Le président Donald Trump peut bien jouer au « parrain » avec ses menaces d’abolir l’ALENA, il n’en demeure pas moins que le Canada est son meilleur allié commercial. Ce qui le forcera à maintenir des liens commerciaux solides avec nous, peu importe l’issue des difficiles renégociations de l’ALENA avec le Canada et le Mexique.

Il est vrai que les États-Unis sont aux prises avec un gros déficit commercial. Mais pas avec le Canada, où il bénéficie, au contraire, d’un surplus commercial. Selon le Bureau of Economic Analysis du US Department of Commerce, les États-Unis affichaient un surplus de 7,7 milliards $ US en 2016.

C’est avec la Chine que les États-Unis détiennent la plus grosse balance commerciale négative, soit 309 milliards $ US. Suivent ensuite le Mexique, avec lequel il accuse un déficit commercial de 63 milliards $ US, et, non loin derrière, le Japon avec un déficit de 57 milliards $ US.

LE DÉFI DE TRUDEAU

C’est de toute évidence le déficit de 63 milliards $ US avec le Mexique qui énerve au plus haut point le président Trump. Et comme on sait, c’est depuis son élection à la présidence des États-Unis qu’il matraque les Mexicains, du moins verbalement.

Dans le cadre de la renégociation de l’ALENA, le défi de Justin Trudeau, c’est de réussir à faire comprendre au protectionniste président Trump que le Canada est son meilleur allié commercial. C’est lui et son pays qui seraient perdants, advenant que les États-Unis coupent les ponts avec le Canada. Mais faire comprendre cela à M. Trump, convenons que ce ne sera pas facile.

LE QUÉBEC

Et nous, au Québec, nous avons grandement intérêt à ce que le gouvernement Trudeau réussisse à se sortir de la renégociation de l’ALENA avec le moins de recul possible. La raison en est bien simple. Pour ce qui est des échanges commerciaux avec les États-Unis, en 2016, le Québec détenait une balance commerciale positive de 26 milliards.

Nos exportations vers les États-Unis représentent 71 % de nos exportations internationales totales. L’année 2017, à la lumière des trois premiers trimestres, s’annonce tout aussi avantageuse pour le Québec, et ce, malgré les menaces de Donald Trump, et les différends commerciaux portant sur le bois d’œuvre, les produits agricoles, etc.

LES CONCESSIONS

Comme dans toute négociation, les parties impliquées seront forcées de faire des concessions.

Mais chose certaine, ce sont les États-Unis qui vont s’en tirer avec les grands honneurs. Le pays de Donald Trump fera des concessions sur ces... folles demandes, mais pas sur ses acquis actuels.

On peut d’ores et déjà déclarer que les États-Unis boucleront la renégociation de l’ALENA en grands vainqueurs. C’est le Mexique qui accusera le plus important recul. Le Canada, lui, perdra certes du terrain dans certains secteurs, mais il réussira tout de même à conserver un haut niveau d’échanges commerciaux avec les États-Unis.

En guise de conclusion, je cède la parole à l’analyste géopolitique Angelo Katsoras, de Banque Nationale, Marchés financiers : « Malgré le pessimisme entourant les négociations de l’ALENA, nous maintenons toujours qu’aucun des pays ne se retirera de l’accord parce que les coûts économiques et politiques seraient tout simplement trop élevés. »

Justin Trudeau devrait transférer ce message à ses deux interlocuteurs, le président américain Donal Trump et le président mexicain Enrique Peña Nieto.