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Policier coupable d’homicide involontaire : il accuse la juge de partialité

Éric Deslauriers
Photo d'archives, Martin Alarie Éric Deslauriers

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Un policier déclaré coupable d’avoir tué un adolescent lors d’une intervention demande la récusation de la juge au dossier, qu’il accuse de partialité pour des propos tenus à l’époque où elle était avocate.

« La juge d’instance, alors avocate, a déploré à plusieurs reprises que des accusations “[ne fussent] pas portées” contre les policiers impliqués dans des interventions policières entraînant la mort ou des blessures », écrit l’avocate Nadine Touma dans sa demande de récusation de la juge obtenue par Le Journal.

Me Touma a déposé sa requête à quelques jours des plaidoiries sur la peine de son client Éric Deslauriers.

La Juge Joëlle Roy
Photo d'archives
La Juge Joëlle Roy

 

Deslauriers, un policier de la Sûreté du Québec avec plus de 21 ans d’expérience, a été déclaré coupable d’homicide involontaire l’automne dernier, pour un tragique événement survenu trois ans plus tôt.

À l’époque, le policier était intervenu dans le stationnement d’une polyvalente à Sainte-Adèle pour une voiture volée par un jeune de 17 ans. Pendant que Deslauriers sommait le jeune de lever les mains, ce dernier a plutôt pressé à fond la pédale d’accélérateur.

Deslauriers a tiré deux coups, atteignant mortellement le jeune.

Propos controversés

L’affaire a été entendue par la juge Joëlle Roy de la Cour du Québec. Or, quelques jours après le verdict de culpabilité, la défense affirme avoir été mise au courant que la juge a déjà tenu des propos contre les policiers, à l’époque où elle était avocate et présidente de l’Association québécoise des avocats et avocates de la défense [AQAAD].

« Ça fait je sais pas combien de personnes se font... se font assassiner en fait par des policiers », avait dit Joëlle Roy lors d’une entrevue télévisée animée par Claude Poirier.

Et le lendemain, elle avait affirmé en commission parlementaire que « beaucoup trop » d’interventions policières se soldaient par un décès, indique la demande en récusation. Elle avait ensuite déploré que des accusations « [ne fussent] pas portées » contre les policiers impliqués dans ce genre d’affaires.

Excuses

Joëlle Roy avait reçu une mise en demeure de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, et elle s’était publiquement excusée, qualifiant elle-même ses propos « d’inappropriés ».

Mais malgré ces excuses, les propos « spontanés révélant son opinion personnelle » justifient la demande de récusation.

« Ces propos, issus d’une opinion purement personnelle, suscitent une crainte raisonnable de partialité », indique le document de cour.

En attendant que la requête soit entendue, Deslauriers devra se présenter devant la juge Roy pour les plaidoiries sur la peine jeudi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Le policier a également porté en appel le verdict de culpabilité.