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10 constats (rectifiés) sur le PQ

ivre Les Reformistes
Photo Thierry Avril

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Samedi, sous forme de 10 constats sur le PQ, mon honorable collègue Joseph Facal s’en prenait à mon analyse de l’échec du virage identitaire sous Pauline Marois. Son droit de différer de perspective est absolu. Encore faut-il ne pas déformer la mienne. En toute amitié, je me permettrai donc de rétablir quelques faits. J’en posterai la version longue sur mon blogue.

1. « Fallait-il que Pauline Marois laisse tout le champ identitaire, moteur historique du nationalisme québécois, à Mario Dumont ? », demande mon collègue. Le problème est qu’elle l’a fait bifurquer sur les signes religieux, alors qu’ils n’ont rien à voir avec le moteur identitaire québécois.

2. M. Facal dit : « Où sont les chiffres établissant que la Charte des valeurs causa la défaite du PQ en 2014 ? » Loin de faire une telle conclusion, le 8 avril 2014, j’en écrivais plutôt ceci : « La défaite ne vient pas de l’“effet” PKP. Elle vient du contraste entre son poing levé “pour le pays” et le flou désolant du PQ [...] En refusant tout compromis sur sa charte, Mme Marois­­­ aura aussi sacrifié un débat majeur ».

3. « Depuis 2007, le PQ n’a pas abandonné la souveraineté. Il a renoncé à l’obsession du référendum dans les meilleurs délais », écrit M. Facal. C’est aussi la promotion de la souveraineté qui, dès 1996, a pris le bord.

4. « Le PQ projetait une refonte complète de la [loi 101] sous Pauline Marois ». Vrai, mais le premier refus d’agir pour renforcer le français fut celui de Lucien Bouchard.

5. « Avant 1994, M. Parizeau proposa des référendums sectoriels », note M. Facal. Dès que M. Parizeau a terminé la reconstruction d’un PQ gravement affaibli, il a remis le cap sur l’indépendance.

6. « Lucien Bouchard mena le PQ à sa dernière vraie victoire électorale en 1998 », rappelle M. Facal. Vrai, mais le PLQ remportait le vote populaire.

7. « La manière dont Québec solidaire poignarda la convergence avec le PQ a révélé sa vraie nature », dixit M. Facal. J’ai fortement critiqué ce refus d’une union souhaitée avec raison au PQ sous PKP. L’erreur n’est pas chez ceux qui tendent la main, mais chez ceux qui la mordent.

8. Selon M. Facal, « plus le PQ flirtait avec l’extrême gauche, plus la CAQ prenait des forces ». C’est pourtant dès 2012 que la CAQ raflait 27 % des voix.

9. « Antérieur à 2007, l’effritement du PQ [...] débute avec la défaite référendaire de 1995 », dit mon collègue. En effet. J’en fais l’analyse depuis, mais la charte y a contribué.

10. Selon M. Facal, « les dirigeants [...] du PQ ont certes fait des erreurs [...], il est injuste de [les] blâmer ». Or, l’analyse ne relève pas de l’émotion. D’ailleurs, si mon collègue avait eu confiance en son ancien parti, à l’automne 2010, il n’aurait peut-être pas rejoint le groupe initial de réflexion de la CAQ – une coalition nouvelle dont l’objectif était de détrôner le PQ comme alternative aux libéraux.