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Le grand soir pour Guerrero

On prévoit que l’ancien voltigeur étoile des Expos sera admis au Temple de la renommée

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Selon les chroniqueurs de baseball appelés à voter et qui se sont déjà prononcés publiquement, tout indique que Vladimir Guerrero sera élu mercredi soir au sein du Temple de la renommée du baseball, en compagnie de Chipper Jones, de Jim Thome et possiblement de Trevor Hoffman. L’annonce sera faite à 18 h.

L’ancien voltigeur étoile des Expos était venu bien près d’être choisi dès sa première année d’admissibilité en 2017 alors que son nom s’était retrouvé sur 71,7 % des bulletins de vote (le seuil requis est de 75 %), ne ratant son admission que par 15 votes.

La deuxième tentative devrait donc être la bonne pour Guerrero, qui rejoindra ainsi, au Temple de la renommée, Gary Carter (2003), Andre Dawson (2010) et Tim Raines (2017), qui affichent chacun la casquette des Expos sur leur plaque respective.

Trois autres anciens porte-couleurs des Expos se retrouvent au Temple, soit Tony Perez (sélectionné en 2000 et coiffé de la casquette des Reds), Pedro Martinez (choisi en 2015, représentant les Red Sox) et Randy Johnson (choisi en 2015, représentant les Diamondbacks).

Avec la casquette des Angels ? 

Il restera à voir quelle casquette choisira de porter Guerrero sur sa plaque honorifique. Selon diverses sources, il semble bien qu’il optera pour celle des Angels, même s’il a joué plus longtemps pour les Expos. Les dirigeants du Temple de la renommée ont aussi leur mot à dire dans la décision.

Guerrero a dû nier mardi matin, sur les réseaux sociaux, une information publiée par un certain Jesse Guerrero sur le site Canadian Baseball Network, un homme qui prétendait être son agent et qui était cité comme quoi Vladimir souhaitait être le dernier joueur des Expos à recevoir cet honneur.

Dans les médias californiens, on affirme plutôt que Guerrero aimerait devenir le premier joueur de l’histoire des Angels à avoir le logo de l’équipe sur sa plaque accrochée aux murs du Temple de la renommée.

« Pendant 16 ans, j’ai représenté fièrement quatre organisations, les Expos, les Angels, les Rangers et les Orioles, et je serai toujours reconnaissant pour ce qu’elles ont fait pour moi, a écrit Guerrero. Ces équipes seront toujours dans mon cœur. C’est pourquoi, quand viendra le temps d’être reconnu à titre de membre du Temple de la renommée, tout le monde sera informé de ma décision. »

Ou sans logo sur la casquette ?

Peu importe la décision qu’il prendra, Guerrero sera reconnu comme ayant été le meilleur frappeur dans l’histoire des Expos, lui qui a joué à Montréal de 1996 à 2003.

Il a établi des records d’équipe avec une moyenne au bâton de ,345 et un total de 44 coups de circuit au cours de la saison 2000 et avec une récolte de 131 points produits lors de la saison précédente.

L’autre option qui s’offre à Guerrero serait d’imiter le lanceur Greg Maddux, qui n’affiche aucun logo d’équipe sur la casquette qu’il porte sur la plaque honorifique, ne voulant pas déplaire à ses nombreux admirateurs à Atlanta et à Chicago.

Dans un groupe sélect

Guerrero est l’un des huit joueurs dans l’histoire du baseball à avoir conservé une moyenne au bâton à vie de ,318 et plus et une moyenne de puissance de ,553 et plus.

Les autres sont Babe Ruth, Lou Gehrig, Joe DiMaggio, Ted Williams, Jimmie Foxx, Stan Musial et Rogers Horsnby. Ces sept joueurs sont tous membres du Temple de la renommée.

En plus de sa moyenne au bâton à vie de ,318, le joueur dominicain a connu 10 saisons avec une récolte de 100 points produits et plus. Guerrero a été sélectionné dans l’équipe d’étoiles en neuf occasions et il a été choisi le joueur le plus utile à son équipe dans la Ligue américaine en 2004, soit à sa première année avec les Angels.

 

Sa carrière en chiffres

Photo d'archives
  • Né le 9 février 1975 à Nizao Bani, en République dominicaine (42 ans)
  • Voltigeur, frappe et lance de la droite
  • 6 pi 3 po, 235 livres
  • 16 saisons passées avec les Expos, les Angels, les Rangers et les Orioles

Statistiques en carrière

  • 2147 matchs
  • 8155 présences au bâton
  • 1328 points marqués
  • 2590 coups sûrs
  • 477 doubles
  • 449 circuits
  • 1496 points produits
  • 737 buts sur balles dont 250 intentionnels, moyenne au bâton de ,318, moyenne de puissance de ,553

Honneurs

  • Sélectionné dans l’équipe d’étoiles à neuf reprises, récipiendaire de huit bâtons d’argent, il a été nommé joueur par excellence de la Ligue américaine en 2004.

Statistiques avec les Expos

  • 8 saisons (de 1996 à 2003)
  • 1004 matchs
  • 3763 présences au bâton
  • 641 points marqués
  • 1215 coups sûrs
  • 226 doubles
  • 234 circuits
  • 702 points produits
  • 123 buts volés, moyenne au bâton de ,323, moyenne de puissance de ,588

 

Reconnaissant envers Alou

 

Vladimir Guerrero aimait s’élancer avec puissance sur toutes les balles qu’il croyait être capable de frapper, même si les tirs étaient hors de la zone des prises. Il a déjà réussi un coup de circuit en cognant une balle qui avait touché le sol avant d’arriver à la hauteur du marbre ! Et dire qu’il refusait de porter les gants qu’enfilent un grand nombre de frappeurs...

Au champ extérieur, la puissance de son bras rendait les coureurs nerveux et hésitants sur les sentiers. Il en a retiré plusieurs qui tentaient d’étirer un simple en un double ou qui cherchaient à filer jusqu’au marbre, même si ses relais manquaient parfois de précision.

Lors de sa plus récente visite en 2016 à Montréal, soit dans le cadre des matchs préparatoires disputés par les Blue Jays au stade olympique (les amateurs devraient logiquement voir son fils Vladimir à l’œuvre les 26 et 27 mars dans l’uniforme de l’équipe torontoise), Guerrero avait confié avoir grandement apprécié ses années passées à Montréal.

On se souvient qu’il avait choisi de faire venir sa mère au Québec afin qu’il se sente moins seul dans son appartement du centre-ville. Elle lui préparait ses plats préférés et Vladimir se payait ensuite un festin de coups sûrs sur le terrain du grand stade !

 Il s’y sentait en sécurité

« J’ai adoré jouer à Montréal. Les gens ont été extraordinaires avec moi. Je me sentais en sécurité dans cette ville et je voyageais souvent du centre-ville jusqu’au stade olympique en empruntant le métro », a rappelé Guerrero.

« Il est dommage que les assistances n’aient pas été meilleures, l’équipe ayant connu des saisons difficiles après le départ de plusieurs joueurs vedettes. Ce fut un grand honneur de jouer sous les ordres de Felipe Alou, qui a été comme un père pour moi. »

Comme tous les anciens joueurs des Expos, Guerrero souhaite que Montréal retrouve un jour son équipe de baseball.

« J’aimerais que mon fils Vladimir ait la chance de jouer à Montréal dans l’uniforme des Blue Jays », nous avait-il mentionné en mars 2016, tout en rappelant que fiston est né dans la métropole, le 16 mars 1999.

Une enfance difficile

Guerrero a grandi dans la pauvreté en République dominicaine, au sein d’une famille de cinq enfants qui vivait sous un toit sans eau courante ni électricité. Alors que sa mère Altagracia était enceinte de lui, son père a quitté la maison pour ne plus jamais revenir.

Vladimir a abandonné l’école après avoir terminé sa cinquième année et son manque d’éducation a développé chez lui une grande timidité.

Il n’a jamais été à l’aise d’accorder des entrevues, et ça ne devrait pas être différent mercredi soir alors qu’il sera appelé à commenter son intronisation au Temple de la renommée au cours d’une conférence téléphonique. Vlad ne parle toujours pas bien l’anglais, même s’il a passé la moitié de sa vie au Canada et aux États-Unis.

Un coup de maître 

Le talent de Guerrero a été découvert par Fred Ferreira, réputé recruteur des Expos dans les Caraïbes. Vladimir avait été invité à participer à un essai en février 1993. Même si cet essai ne fut guère concluant, les Expos ont mis Guerrero sous contrat en lui offrant une somme de 2500 $. Oui, deux mille cinq cents dollars pour ce jeune joueur qui s’était présenté à cet essai avec des souliers à crampons dépareillés.

Trois ans plus tard, Guerrero faisait ses débuts avec les Expos, soit au mois de septembre 1996, et il frappait son premier coup de circuit aux dépens de Mark Wohlers deux jours après avoir disputé son premier match dans les Ligues majeures.

En 1997, il a commencé à s’imposer, malgré des blessures. Bien conseillé par Felipe Alou, Guerrero a rapidement su faire éclore son talent au point de devenir un joueur d’impact en 1998, en connaissant une saison de 38 circuits et de 109 points produits.

Ce fut suivi de productives campagnes de 131, 123, 108 et 111 points produits, avant qu’il soit ralenti par une blessure au dos en 2003, à sa dernière saison à Montréal.

Il a continué d’être productif avec les Angels, les aidant à participer à des matchs éliminatoires lors de cinq des six saisons passées en Californie. Sa carrière a pris fin avec les Orioles de Baltimore en 2011.