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Legault ne relancera pas la construction de barrages avant 10 ans

Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault

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La «baie James du 21e siècle» n’aura pas lieu avant près d’une décennie, indique François Legault, qui promet tout de même de relancer la construction de centrales hydroélectriques.

«Un barrage, on ne construit pas ça... Ça prend des ententes avec les autochtones, ça prend d’abord des contrats d’exportation», a lancé le chef caquiste mardi en point de presse.

En 2016, François Legault avait déclaré devant ses militants qu’un «gouvernement de la CAQ [lancerait] un grand chantier qui [créerait] des milliers d'emplois payants». «Je parle de lancer une baie James du 21e siècle», avait-il dit. Il n’a toutefois jamais étayé son projet d’augmenter la capacité hydroélectrique du Québec pour en faire un centre d'exportation vers des provinces canadiennes et des États de la Nouvelle-Angleterre.

Il a précisé aujourd’hui que les «emplois payants» qu’il promettait sont liés à la construction de barrages, «éventuellement», et à l’érection de lignes de transmission. Quand ces barrages seront-ils construits? «Dans 10 ans, 15 ans. Il faut regarder ça sur une longue période», a soutenu M. Legault.

Le projet de baie James du 21e siècle a été critiqué par Philippe Couillard, qui le juge passéiste. M. Couillard avait indiqué l'automne dernier que l’ère de la grande hydraulique était terminée au Québec, avec l’avènement de la production à bas coût d’énergie éolienne et solaire.

Plus récemment, dans une entrevue avec notre Bureau parlementaire, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, a soutenu qu'un «potentiel énorme» existe toujours, qui permettrait à la société d’État de doubler sa production, mais qu’il n’est pas justifié de construire de nouveaux barrages pour l’instant.

«On vient de faire des déversements à Manic-5 pour la première fois depuis que le barrage existe. On a de l’eau comme on n’en a jamais eu. Il faut être responsable, on aurait pu dire: “On va continuer de construire des barrages et on va ouvrir les vannes.” Personne ne gagne, là-dedans», disait M. Martel.

C’est sans tenir compte de l’arrivée des maisons intelligentes et de l’autoproduction d’électricité: alors que la consommation résidentielle stagne au Québec, elle pourrait décroître dans les prochaines années.

Pour François Legault, il faut toutefois se retrousser les manches et convaincre nos voisins d’importer davantage d’électricité. Il affirme que si Hydro-Québec remporte toutes les soumissions qu’elle a faites aux autorités américaines, ses surplus actuels vont disparaître. «Je veux exporter encore plus d’électricité», a dit M. Legault. Il accuse aussi Philippe Couillard d’être «irresponsable» en tournant le dos à l’hydroélectricité.

Mais il ne construira pas de barrage sans avoir auparavant «signé» une entente d’exportation.