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Transport adapté : une entreprise de taxi craint de perdre ses chauffeurs

Transport adapté
ZACHARIE GOUDREAULT/24 HEURES/AGENCE QMI

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Une entreprise de taxi spécialisée dans le transport adapté craint de perdre des chauffeurs si ceux-ci ne sont pas mieux rémunérés pour servir les usagers à mobilité réduite de la Société de transport de Montréal (STM).

« Été comme hiver, je dois aider le client à traverser la rue, à monter les marches de sa maison et à rentrer chez lui. Si je suis responsable de quelqu’un, je dois au moins être rémunéré », estime le chauffeur de Taxi Para-Adapté, Abderazak Bounediane.

Un usager du transport adapté paie 2,70 $ pour chaque trajet en transport adapté. Les chauffeurs de taxi reçoivent quant à eux le montant indiqué au compteur à la fin de chaque course, qui est d’abord facturé à la STM afin que l’entreprise de taxi paie ensuite ses chauffeurs.

Le chauffeur de taxi ne reçoit toutefois aucune somme pour devoir accompagner son client jusqu’à la porte d’entrée de son domicile.

En comparaison, les chauffeurs qui exercent dans le milieu de la santé reçoivent environ 20 $ pour la prise en charge d’un client.

« Les chauffeurs sont écœurés. Ils n’ont pas le choix, ils se tournent vers Uber ou encore le milieu de la santé », a déploré le président de Taxi Para-Adapté, Yung Cuong, qui aurait perdu 20 % de sa main-d’œuvre l’an dernier.

M. Bounediane remarque les répercussions de ces départs sur les usagers.

« Vous n’avez pas entendu parler d’usagers qui attendent une heure, deux heures? C’est parce qu’on manque de chauffeurs. Ça prend de la relève! », a-t-il lancé.

M. Cuong espère que les négociations entourant un contrat de plus de 45 millions $ entre la STM et 13 entreprises de taxi, qui viendra à échéance en décembre, permettront d’améliorer les conditions de travail des chauffeurs.

Répondre à la demande

Alors que la STM prévoit que plus que quatre millions de déplacements en transport adapté seront réalisés cette année, la directrice générale de Taxi Coop Montréal, Sabrina Ohayon, constate une baisse du nombre de chauffeurs qui optent pour le transport adapté.

« Chez nous, les chauffeurs ont le choix de faire du [transport] régulier ou du transport adapté. Au bout du compte, s’ils ont le choix, ils vont faire ce qui est le plus facile », a-t-elle indiqué.

La STM a, quant à elle, affirmé par courriel que « les ressources disponibles répondent à la demande planifiée » et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter de la diminution du nombre de chauffeurs de taxi.