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Un millier de courts-métrages réalisés par des jeunes autochtones

Wapikoni mobile
PHOTO COURTOISIE, WAPIKONI MOBILE Le Wapikoni mobile, un studio ambulant qui visite les Premières Nations du Québec et d’ailleurs, contribue à former une jeune génération de leaders autochtones

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Depuis près de 15 ans, le Wapikoni mobile, un studio ambulant qui visite les Premières Nations du Québec et d’ailleurs, contribue à former une jeune génération de leaders autochtones, dont le rappeur Samian fait notamment partie.

Cofondé en 2004 par la cinéaste Manon Barbeau, le Conseil de la Nation Atikamekw et le Conseil des jeunes des Premières Nations du Québec et du Labrador, le Wapikoni mobile est un studio sur roue qui se rend dans les communautés autochtones du Québec et du Canada. À ce jour, 40 communautés ont été visitées à travers le pays.

L’organisme offre des ateliers cinématographiques, à l’issue desquels les jeunes participants auront réalisé et monté des courts-métrages de leur cru. Ce mois-ci, le Wapikoni mobile a franchi le cap des 1000 courts-métrages réalisés depuis sa création. Les sujets abordés dans ces films sont laissés à la discrétion des participants.

La variété des thèmes traités apporte un nouveau regard sur la réalité autochtone, trop souvent méconnue, a expliqué Mme Barbeau. «C’est un outil contemporain. Le but, c’était de briser les préjugés, les stéréotypes et le racisme.»

«Donner une voix»

Au Canada et à l’étranger, plus de 150 prix et mentions ont été attribués à des courts-métrages du Wapikoni mobile. Manon Barbeau mentionne que cette reconnaissance crée un sentiment de fierté chez des jeunes qui manquent souvent de confiance en eux.

«Souvent, ça les a détournés des idées noires et ça les a distraits de la consommation, a expliqué Mme Barbeau. Ils ont découvert qu’ils pouvaient avoir un bonheur, une gratification dans des réalisations qui demandaient un effort, mais qui produisaient des résultats appréciés par beaucoup de personnes.»

«On a comme objectif de donner une voix à ceux qu’on entend trop peu, a-t-elle indiqué. Cette mission dépasse maintenant les frontières alors que le Wapikoni mobile est actif dans 27 communautés autochtones de l’Amérique latine.

Créer des leaders

«Il y a toute une génération de jeunes autochtones qui deviennent cinéastes après être passé dans le Wapikoni ou qui développe des vertus de leader et prennent la parole pour leur communauté», s'est réjouie Mme Barbeau.

Les histoires de succès s’accumulent depuis 2004. Le rappeur Samian, originaire de Pikogan, a fait ses classes avec le Wapikoni en produisant son tout premier vidéoclip.

L’initiatrice du mouvement Idle No More Québec, Melissa Mollen Dupuis, est également passée par le Wapikoni. Craig Commanda, de Kitigan Zibi, a vaincu une dépression en découvrant une passion pour la cinématographie. Abraham Côté, de la même communauté, a pu enseigner l’audiovisuel à l’école secondaire, dans le cadre d’une activité parascolaire.

«Ils peuvent être pompiers, polices ou cuisiniers après notre passage. L’essentiel, c’est qu’ils retrouvent l’énergie et le goût de faire quelque chose de fun avec leur vie.»