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La mince glace de la CAQ

François Legault et son équipe surfent en tête des sondages, mais devront éviter les bévues.
Photo Sébastien St-Jean, Agence QMI François Legault et son équipe surfent en tête des sondages, mais devront éviter les bévues.

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Si on donnait une baguette magique aux caquistes, ils s’en serviraient pour faire avancer le temps ! En tête dans les sondages trop tôt à leur goût, ils admettent qu’ils risquent de trouver les prochains mois très longs avant le véritable déclenchement de la campagne électorale.

Lorsqu’on est au sommet, la difficulté, c’est d’y rester. Et de s’acclimater à la chaleur des projecteurs.

« On aimerait que ce soit maintenant. Ça va être long », a exprimé sans détour un député impatient d’en découdre, en marge du caucus de la rentrée de la CAQ dans les Laurentides.

Les élus cherchent à garder la tête froide, mais laissent entrevoir leur niveau de confiance en privé.

« Là, on y croit », a confié un député qui a toutefois admis la naissance de tensions, parce que « certains ayant profité de plus de visibilité médiatique se voient déjà ministre ».

« Il ne faut juste pas faire d’erreur », a résumé un autre, qui préférerait même que la montée de la CAQ se stabilise dans les sondages.

CONTRÔLE SERRÉ

C’est pourquoi le caucus s’est déroulé dans un environnement très contrôlé, dans un hôtel au cachet rustique à Sainte-Adèle.

Pas de mêlées de presse « à froid » avec les députés qui revenaient de vacances, en raison d’une conférence de presse du chef programmée au petit matin dès le premier jour.

En présentant celui qui serait vraisemblablement ministre de la Santé d’un gouvernement caquiste, François Legault, qui en a vu d’autres, semblait nerveux pour son poulain et ami.

« Yé bon, yé bon », a-t-il chuchoté après une bonne réponse du docteur Lionel Carmant, comme pour se rassurer lui-même.

Mais, à une question suivante, le chef a dû le corriger en lui soufflant les mots à répéter, le médecin ayant affirmé que la maternelle quatre ans devrait être obligatoire en milieu défavorisé.

« Pas obligatoire », a susurré le chef.

Si Legault n’avait pas été à ses côtés, possible que le futur candidat se serait enfoncé en contredisant la position du parti.

La glace est mince.

Au deuxième jour, elle a défoncé lorsque le député André Spénard a annoncé aux journalistes que la CAQ appuierait le projet de loi donnant plus de pouvoirs à l’UPAC.

François Legault n’a pas mis de temps à dire exactement le contraire, dans son point de presse de clôture. En fait, la CAQ va voter contre.

RÉDUCTION MASSIVE DE TAXE

En fin de compte, le chef caquiste a choisi de s’engager à donner une plus généreuse baisse de taxe scolaire que celle déjà annoncée par le gouvernement libéral, sans attendre de connaître les données financières du prochain budget.

On doute que ce soit prudent.

Mais pour l’instant, François Legault savoure sa position enviable.

À son arrivée, il a souri à pleines dents lorsque la réception de l’hôtel lui a donné sa clé pour son séjour, puisqu’on avait réservé pour lui « le chalet présidentiel » !

Est-ce un présage ?