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Une élection pas comme les autres

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Cette année électorale marque aussi les vingt ans de la première entrée en politique de François Legault sous Lucien Bouchard. Homme ambitieux, mais incapable de prendre la chefferie du Parti québécois, il s’est carrément tricoté son propre parti – la Coalition avenir Québec.

En tête des sondages depuis des mois, celui qui vise le siège de premier ministre depuis longtemps se retrouve aux portes du pouvoir. Reste à savoir s’il les franchira enfin le soir du 1er octobre prochain. Et si oui, ce qu’il en ferait.

Départ en lion

La CAQ amorce d’ailleurs l’année en lion. Pendant que le Parti québécois se montre combatif, M. Legault, flanqué de son équipe aux sourires rayonnants, multiplie calmement les engagements. Il semble même avoir trouvé son éventuel ministre de la Santé, le Dr Lionel Carmant.

Comme ses adversaires libéraux et péquistes, la CAQ montera peu à peu son « plan de match ». En santé, en éducation et en économie. Si les sondages lui restent cléments, les candidats « vedettes » ont aussi de bonnes chances de faire la file.

L’essentiel est pourtant ailleurs. Quel qu’en soit le résultat final, l’élection du 1er octobre sera la première, en un demi-siècle, de laquelle la question nationale sera complètement évacuée, ou presque.

Régression

La CAQ se dit nationaliste, mais se montre satisfaite du Canada tel quel. Le PQ remet son option en veilleuse. Chez les libéraux, leur silence sur l’étiolement du rapport de force du Québec au sein de la fédération se poursuit. Québec solidaire se bombe le torse « indépendantiste », mais quand le moment est venu d’accepter la main tendue du PQ pour unir les forces souverainistes, il lui a tourné le dos.

Deux décennies à peine après la quasi-victoire du « Oui » au référendum, c’est un triste constat. À n’en point douter, pour le seul État francophone du continent, la régression politique est majeure.