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Regroupement du CHU Sainte-Justine et du CHUM: des parents inquiets

Regroupement du CHU Sainte-Justine et du CHUM: des parents inquiets
PHOTO AGENCE QMI, JOEL LEMAY

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S’inquiétant de la possible détérioration de la qualité des soins offerts au CHU Sainte-Justine à Montréal, des parents d’enfants malades ont donné jeudi leur appui au personnel médical dans sa lutte contre le regroupement de son administration avec le CHUM.

Le conseil d’administration et la haute direction du CHU Sainte-Justine ont été regroupés avec le CHUM en septembre 2015, à la suite d'un décret du gouvernement du Québec.

Le personnel médical de l’hôpital pédiatrique se prononce depuis contre cette fusion, déplorant que la perte de son autonomie se traduise par une détérioration de la qualité des services offerts aux jeunes patients, en comparaison avec ceux offerts aux patients adultes.

Des parents d’enfants malades ou handicapés fréquentant le CHU Sainte-Justine ont donné leur appui au personnel médical, jeudi. Onze représentants d’associations de parents variées ont signé une déclaration commune afin de réclamer le retour à la pleine indépendance de l’établissement de santé.

«Les dirigeants et administrateurs regroupés du CHUM et du CHU Sainte-Justine vont tôt ou tard devoir effectuer des choix de priorités et vont connaitre des conflits quant aux projets et représentations à privilégier auprès des autorités gouvernementales», peut-on lire dans la déclaration qui sera transmise au premier ministre Philippe Couillard.

Inquiétudes

Geneviève Dion, coresponsable de Parents jusqu’au bout, qui soutient des parents d’enfants lourdement handicapés, connait bien la réalité des familles avec qui elle travaille. Sa fille de 6 ans, lourdement handicapée, fréquente le CHU Sainte-Justine depuis sa naissance. Mme Dion a signé la déclaration exprimant l'inquiétude de quelque 2000 familles québécoises représentées par son association.

«[Ce qui nous inquiète], c’est que la qualité des soins et de la recherche soit diluée. Parce que s’il y a une fusion avec le CHUM, on va tellement représenter une parcelle dans la clientèle adulte que les budgets ne seront plus centralisés pour les enfants, on va être touchés c’est évident», a-t-elle déploré.

Ces inquiétudes, ajoute la présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens, Dre Valérie Lamarre, sont bien fondées même si elles ne se concrétiseront pas dans l’immédiat. «Ce n’est pas les enfants maintenant qui vont souffrir de ça. C’est plus tard, c’est doucement et c’est très insidieux.»

Dre Lamarre considère que le «vrai Sainte-Justine», ou ce qui est la «deuxième maison» pour bien des familles, est en péril.

«Déjà, à l’intérieur de Sainte-Justine, l’administration est obligée de faire des choix. Ils ne peuvent pas tout pousser. Maintenant, les mêmes personnes qui doivent pousser des dossiers pour Sainte-Justine doivent pousser des dossiers pour le CHUM. Ils vont toujours être pris dans un dilemme», a-t-elle soutenu.