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Le dernier des vrais Expos

Vladimir Guerrero avait tous les talents sur un terrain de baseball.
Photo d’archives Vladimir Guerrero avait tous les talents sur un terrain de baseball.

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Vladimir Guerrero aura été le joueur recruté par les Expos élu le plus rapidement au Temple de la renommée du baseball. Il ne lui a fallu que deux ans pour recueillir le pourcentage nécessaire de 75 pour cent des votes au scrutin tenu auprès de l’Association des chroniqueurs de baseball d’Amérique (BBWA). L’an dernier déjà, il avait obtenu 71 pour cent des voix. C’est tout à son honneur.

Dans le cas de Gary Carter, il s’était écoulé six ans avant qu’il reçoive son billet pour Cooperstown.

Andre Dawson avait dû patienter neuf ans.

Tim Raines en était, quant à lui, à sa 10e et dernière année d’admissibilité lorsque les portes du Panthéon lui ont été ouvertes l’an dernier.

Le plus grand

L’élection rapide de Guerrero en fait-il le plus grand joueur à avoir porté les couleurs des Expos ?

J’estime que c’est le cas, mais c’est une question de goût.

Carter, Dawson et Raines sont des choix tout aussi valables.

Mais Guerrero avait quelque chose de plus. Il était un naturel.

Élevé dans la pauvreté en République dominicaine, c’est sur un terrain de balle qu’il pouvait s’élever au-dessus des autres. Il était un pur-sang. Il faisait tout ce que les recruteurs recherchent chez un joueur de baseball.

Il frappait avec puissance et pour une moyenne supérieure à ,300. Il courait comme le vent. Il était bon voltigeur et il pouvait vous épingler partout sur les buts et au marbre avec son bras canon.

Mauvais timing

La seule chose est qu’il n’a pas eu la chance de faire partie de grandes équipes à Montréal.

Il est arrivé avec les Expos après la grève de 1994. Comme les meilleurs joueurs de cette édition, les Grissom, Walker, Martinez, Hill et Wetteland, il a mis les voiles lorsque les Expos n’ont plus été en mesure de le payer selon sa valeur.

De 2004 à 2010, il a participé à six séries de division, une série de championnat et une Série mondiale avec les Angels d’Anaheim et les Rangers du Texas.

Mais les amateurs de baseball du Québec le verront toujours dans l’uniforme des Expos, peu importe la casquette avec laquelle il apparaîtra sur la plaque qui lui rendra hommage dans le grand hall du Temple à Cooperstown.

Équipe d’étoiles

Guerrero aura été le dernier d’une liste d’excellents joueurs recrutés et développés dans le réseau de filiales de notre ancienne équipe de baseball. La liste est tellement longue que l’on peut former une équipe d’étoiles.

Faisons l’exercice ensemble :

Voltigeur de droite : Vladimir Guerrero

Voltigeur de centre : Andre Dawson

Voltigeur de gauche : Tim Raines

Joueur de troisième but : Tim Wallach

Joueur d’arrêt-court : Will Cordero

Joueur de deuxième but : Jose Vidro

Joueur de premier but : Andres Galarraga

Receveur : Gary Carter

Lanceur partant : Steve Rogers

Lanceur de relève : Ugueth Urbina

Pas mal, n’est-ce pas ?

Ne manquait qu’un championnat

Il ne s’agit que d’une partie des joueurs que les Expos ont recrutés et formés durant leur histoire.

Pendant plusieurs années, les revues spécialisées du baseball classaient le réseau de développement et de filiales des Expos parmi les meilleurs du baseball majeur.

Les Expos ont été sans doute la meilleure équipe des années 1979 à 1981 à ne pas avoir gagné la Série mondiale.

Les Expos ont contribué à lancer aussi les carrières de plusieurs jeunes joueurs obtenus d’autres organisations. On pense à Ken Singleton, Tim Foli, Jeff Shaw, Moises Alou, John Wetteland et Pedro Martinez.

Il n’y a pas à dire, les Expos ont été une bonne organisation malgré le triste souvenir que l’on garde d’eux aujourd’hui.

Les parts de Bonds et Clemens à la hausse

Il ne faudrait pas s’étonner de voir Barry Bonds et Roger Clemens au Panthéon du baseball dans quatre ans. Soupçonnés tous deux d’avoir utilisé des produits dopants à un moment de leur carrière, ces deux anciens grands noms du baseball obtiennent un nombre grandissant de votes depuis trois ans.

En 2016, Clemens avait récolté 45,2 pour cent des voix comparativement à 44,3 pour Bonds. Les deux avaient eu droit à des augmentations significatives l’an dernier, Clemens obtenant 54,1 pour cent des votes contre 53,8 pour cent pour Bonds.

Les hausses ont été moins élevées cette année, mais quand même.

Les chroniqueurs de baseball prenant part au scrutin se sont prononcés dans une proportion de 57,3 pour cent en faveur de Clemens et de 56,4 pour cent pour Bonds.

Il est permis de croire que la tendance se maintiendra à la hausse au cours des prochaines années.

Douze votes sur 13

Bonds et Clemens sont encore admissibles pour quatre ans et, s’il faut se fier à ce qu’on peut lire dans des revues et sur des sites spécialisés, les deux pourraient être pardonnés d’ici là.

On retrouve sur le site même du baseball majeur un texte dans lequel 13 journalistes ont dévoilé leurs choix au scrutin de cette année.

Pas moins d’une douzaine d’entre eux ont inscrit les noms de Bonds et de Clemens sur leur bulletin.

Leur vrai crime

Les deux anciens joueurs ne sont sous le coup d’aucune sanction, contrairement à Pete Rose dont la suspension à vie pour avoir parié sur des matchs a été maintenue par le commissaire Rob Manfred en décembre.

Rose a été banni du baseball en 1989 par Bartlett Giammati, commissaire de l’époque qui est décédé d’une crise cardiaque une semaine après son verdict.

Le crime de Bonds et de Clemens aura été d’avoir eu recours à des substances haussant les niveaux de performance alors qu’ils étaient déjà des joueurs étoiles. Ils se sont menti à eux-mêmes et aux amateurs qui les idolâtraient.