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Le Pontiac Aztek était laid, mais j’en voulais un quand même

Pontiac Aztek

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Janvier 2000. J’ai 10 ans, presque 11. Je lis et examine déjà tout ce qui se passe dans l’industrie automobile comme si j’en faisais déjà mon métier.

À Détroit, le légendaire Salon de l’auto ouvre ses portes au nouveau millénaire. On parle de l’automobile de l’avenir, de véhicules électriques et on présente des concepts au design intrigant. Parfois même bizarre.

Malheureusement, je ne suis pas à Détroit. Je rêve d’assister à ce salon, mais je devrai encore attendre une quinzaine d’années avant de finalement pouvoir y mettre les pieds. En attendant, je me fie sur un Internet encore bien embryonnaire pour jeter un œil aux derniers modèles proposés par l’industrie.

Parmi la panoplie de nouveautés, c’est un VUS aux allures de vaisseau spatial qui attire mon attention. Pontiac Aztek, qu’il s’appelait.

 

Oh qu’il était étrange, avec ses phares étagés sur la devanture et ses bas de caisse en plastique. Mais contrairement aux autres VUS, celui-là avait une attitude propre à lui. Impossible de le confondre avec un autre.

L’année suivante, l’Aztek débarquait chez les concessionnaires. Dans les annonces à la télé, on nous vante les mérites de son rouage intégral Versatrak et de son V6 de 3,4 litres. On y montre aussi un couple qui part en camping pour la fin de semaine et qui dort dans une tente installée à même le hayon du véhicule.

 

C’est là que mon cœur a chaviré.

J’ai 11 ans, 12 tout au plus. J’ai encore quatre ou cinq ans à attendre avant de pouvoir conduire. Une éternité, pour un petit gars de cet âge-là. Pourtant, déjà, je m’imagine partir en camping dans mon Aztek. Rouge ou jaune, je n’ai pas encore décidé.

Le fait de pouvoir dormir dans ma voiture me fascine. Et c’est ce détail un peu niaiseux, un bout de tissu offert en option qu’on peut accrocher au hayon, qui me fait tomber en amour avec l’Aztek. Au diable les Mustang et les Porsche 911. Moi, c’est un Pontiac Aztek que je veux!

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Janvier 2018. J’ai 28 ans, presque 29. Je lis et examine tout ce qui se passe dans l’industrie automobile. Normal, c’est maintenant mon métier.

Le Pontiac Aztek est mort et enterré depuis longtemps. Beaucoup de chroniqueurs ne se gênent pas pour le décrire comme une horreur. L’un des pires flops de l’industrie automobile moderne, même. Et force est d’admettre qu’ils n’ont pas tort.

 

Pourtant, il y a une partie de moi qui en rêve encore. Parce qu’avec l’Aztek, Pontiac vendait plus qu’un moyen de transport. Elle vendait du rêve, une aventure.

Et dans un monde où les véhicules se ressemblent toujours un peu plus, cette approche me manque. Au lieu de vanter les mérites de leurs véhicules toujours plus technos et intelligents, les constructeurs automobiles auraient peut-être avantage à faire un petit retour aux sources.

Vendre un partenaire d’aventure, pas un ordinateur sur quatre roues.

Et s’il n’a pas de système de navigation et de connectivité Bluetooth, ce n’est pas plus grave que ça. On ressortira les cartes routières et les vieux CD.