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Pourquoi fumer (dans son logement) quand on peut manger son pot?

Ronald Chartier et son chat (fâché lui aussi) sera expulsé de son logement de Matane car la fumée secondaire de cannabis importune ses voisins.
Photo collaboration spéciale, Geneviève Thibeault Ronald Chartier et son chat (fâché lui aussi) sera expulsé de son logement de Matane car la fumée secondaire de cannabis importune ses voisins.

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Pourquoi fumer dans son logement quand on peut manger son pot?

Ronald Chartier sera expulsé de son logement parce qu’il fume du pot et que ça dérange ses voisins, comme le révélait mon collègue Boris Proulx dans Le Journal.

Parenthèse ici, je voudrais juste dire que la photo de Ronald Chartier qui tient son chat qui a l’air tout aussi fâché est tellement parfaite!!

Ok, maintenant parlons des choses sérieuses.

La décision de la Régie du logement serait la première au Québec. Ce n’était qu’une question de temps avant que le sujet fasse débat.

La semaine dernière, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) s’était présentée à l’étude du projet de loi 157 sur l’encadrement du cannabis pour parler de ses inquiétudes.

«La décision du gouvernement fédéral de légaliser le cannabis suscite de vives réactions de la part de nos membres», avait expliqué Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la CORPIQ. Et ça ne rendra évidemment pas plus tolérable la fumée secondaire pour les locataires voisins qui tiennent à vivre dans un environnement qui leur procure une pleine jouissance des lieux et leur permet de garder la santé.»

Les propriétaires affirment qu’il est difficile de modifier un bail en vigueur. Au moment de la légalisation, ils voudront pouvoir ajouter une clause pour interdire précisément de fumer du cannabis.

Mais le problème est que la Régie du logement manque de mordant. «La Régie du logement met des mois à entendre des causes prioritaires ou urgentes. Et on comprend qu'avec 33 000 dossiers en attente notre seul recours, là, il est à peu près impossible à exercer dans des délais raisonnables pendant qu'on a des plaintes de locataires contre la fumée secondaire», avait ajouté M. Brouillette.

Je précise ici que M. Chartier fume du cannabis thérapeutique acheté légalement pour apaiser ses douleurs liées à son arthrose notamment.

En lisant l’article, ma première réaction a été : pourquoi M. Chartier tient-il absolument à consommer son pot en se fumant des joints ? J’ai, bien sûr, tenté de lui parler pour avoir la réponse. Mais au moment de mettre en ligne, il ne m’avait pas encore rappelé.

On peut fumer du pot, mais il existe aussi plusieurs façons de le consommer. D’ailleurs, lorsqu’on mange des produits à base de cannabis (les edibles) les effets sont plus fort et durent plus longtemps. Plusieurs malades choisissent donc cette méthode d’autant que fumer, ben ce n’est pas bon pour la santé, on ne vous apprend rien.

Pas tous des Ricardo du pot

L’an dernier, j’avais discuté avec Stéphane Roy, un homme souffrant d’un cancer. Pour soulager ses douleurs, il consommait du cannabis en suppositoires.

On trouve aussi du cannabis sous forme d’huile et il suffit de mettre quelques gouttes sous la langue.

Plusieurs malades chroniques préfèrent aussi manger les fameux biscuit ou muffin au pot. Mais, c’est vrai que ça peut demander un certain savoir-faire et tout le monde n’est pas un Ricardo du pot en cuisine.

Reste alors l’option des produits déjà cuisinés vendus en ligne, mais ce n’est pas tout à fait légal. Et l’an dernier, j’avais fait analyser plusieurs de ces produits pour un reportage et j’avais découvert que la qualité est plutôt mauvaise.

Ces produits seront légalisés en 2019. Et ce pourrait être la solution à beaucoup de problèmes soulevés par la fumée secondaire des fumeurs de pot thérapeutique.