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Ralentir l’Alzheimer en stimulant les neurones

Une étude internationale de stimulation magnétique du cerveau à Montréal

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Photo Anne Caroline Desplanques Une spirale de métal est posée sur la tête de Micheline Morency et envoie une décharge électrique à la surface de son crâne pour stimuler l’activité des neurones. Elle participe à une étude internationale afin de ralentir l’évolution de la maladie d’Alzheimer.

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Dans l’espoir de ralentir la maladie, des Montréalais souffrant de la maladie d’Alzheimer soumettent leur cerveau à la stimulation magnétique dans le cadre d’une première étude internationale.

« Ne vous attendez pas à avoir une grande conversation avec mon épouse. Dans cinq minutes, elle ne se souviendra pas pourquoi elle a commencé à vous parler », souffle Serge Gervais.

À 62 ans, sa compagne Micheline Morency souffre de la maladie d’Alzheimer depuis déjà cinq ans. Elle a perdu sa mémoire à court terme, son jugement et ses inhibitions sont altérés.

Dans la pièce d’à côté, Mme Morency est assise dans un fauteuil incliné. Une spirale de métal est posée sur son cuir chevelu et envoie une impulsion électrique à la surface de son crâne pour stimuler l’activité des neurones.

La méthode s’appelle stimulation magnétique transcrânienne répétée ou SMTr.

« La SMTr est une technique médicale non invasive et indolore mise au point à la fin des années 1980 qui a fait ses preuves dans le traitement des dépressions sévères », explique la Dre Lisa Koski, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

 

Ralentir la progression

« Nous espérons l’utiliser pour ralentir l’évolution de la maladie d’Alzheimer chez les patients qui en sont au stade précoce ou modéré », poursuit la scientifique.

L’hypothèse est que la stimulation permettrait d’augmenter l’activité dans les régions frontales du cerveau, généralement affectées par l’Alzheimer. Ceci améliorerait les capacités cognitives et la mémoire des malades.

Mme Morency est une des premières patientes au Québec à tester la SMTr. La Dre Koski souhaite recruter une centaine de personnes au total pour participer à l’expérience. Cent autres font le même exercice au Manitoba et 100 en Australie.

Tous doivent suivre une séance par jour de stimulation de 20 minutes pendant deux à quatre semaines. Les chercheurs les suivront ensuite durant six mois pour évaluer les effets de l’expérience et mettront finalement leurs résultats en commun pour déterminer l’efficacité de la méthode.

Un pas en avant

« Ce n’est pas ce qu’on pensait faire de notre retraite, dit M. Gervais. Mais si ça peut aider à gagner quelques années, on y va. »

L’Alzheimer est encore une maladie incurable et irréversible. De fait, « tout effort pour ralentir ou stabiliser la maladie représente un pas en avant », souligne la Dre Koski qui espère donner de l’espoir aux malades et à leurs proches grâce à ses recherches.

La maladie d’Alzheimer en chiffres

  • 1,1 million de Canadiens directement ou indirectement touchés par la maladie
  • 17 000 Québécoisde moins de 65 ans atteints
  • 10,4 milliards $ coût annuel imputé aux Canadiens pour prendre soin des personnes atteintes de maladies cognitives
  • 47,5 millions de personnes atteintes de démences dans le monde, parmi lesquels 60 % à 70 % sont atteintes de la maladie d’Alzheimer

Sources : Fédération québécoise des sociétés Alzheimer, Société Alzheimer Canada, OMS

► Les personnes souhaitant participer à cette étude clinique peuvent contacter Dre Rishanthi Sivakumaran au 514 934-1934, poste 34439 ou par courriel à rishanthi.sivakumaran@rimuhc.ca