/news/society
Navigation

Le nouveau chef du SPVM passe de la parole aux actes

Martin Prud’homme abolit notamment sept postes à la haute direction

GEN-ENTREVUE AVEC MARTIN PRUD'HOMME
Photo Agence QMI, Dario Ayala Le nouveau patron de la police de Montréal, Martin Prud’homme, a annoncé les changements dans un courriel envoyé à tous ses employés hier soir.

Coup d'oeil sur cet article

Le nouveau patron de la police de Montréal a entamé son grand ménage, hier soir, en annonçant l’abolition de sept postes de hauts gradés et le retour d’une « équipe en laquelle vous pourrez avoir confiance » aux affaires internes.

C’est le message que Martin Prud’homme a envoyé à ses troupes dans un courriel dont Le Journal a pu prendre connaissance.

Arrivé en fonction depuis un mois et demi, le chef intérimaire impose un régime minceur à la haute direction du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en abolissant carrément le grade d’assistant-directeur.

Philippe Pichet et les autres prédécesseurs de Martin Prud’homme étaient secondés d’une équipe de 11 hauts gradés comptant trois directeurs adjoints et huit assistants-directeurs.

Dorénavant, le chef sera entouré par quatre directeurs adjoints. Point. Ce sont donc sept postes de hauts gradés, payés quelque 200 000 $ par année, qui seront éliminés. Les officiers qui occupent ces fonctions devront donc se résoudre à une rétrogradation.

Cesser les chicanes

De plus, Martin Prud’homme — qui a laissé son poste à la direction générale de la Sûreté du Québec (SQ) à la demande du gouvernement, le 6 décembre, pour prendre la tête du SPVM pendant un an — veut mettre fin aux « chicanes » à l’interne en proposant une nouvelle structure organisationnelle.

Le SPVM sera géré en quatre grandes directions administratives menées par autant de hauts gradés : les enquêtes criminelles, la gendarmerie, les services corporatifs et les normes professionnelles.

La gendarmerie et les enquêtes étaient jusqu’à maintenant regroupées ensemble sous le même parapluie administratif. Leurs rivalités et guerres de pouvoir ont été décriées par leur nouveau patron, en entrevue au Journal à la fin décembre.

M. Prud’homme nous avait clairement fait savoir qu’il voulait rapidement solutionner les « problématiques majeures » à sa brigade moribonde des affaires internes, minée par des allégations de fabrication de preuve révélées par notre Bureau d’enquête à l’hiver 2017.

Ce scandale avait incité le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, à confier toutes les enquêtes internes visant des policiers du SPVM à une équipe mixte formée de membres de la SQ et de plusieurs corps de police municipaux. Puis, une demi-douzaine de cadres ont été suspendus alors qu’ils ont eux-mêmes été objets d’enquête.

Il a promis « une équipe efficace en laquelle vous pourrez avoir confiance » dans son message à ses quelque 4000 policiers hier.

♦ « Il faut revenir à la mission première du service de police, le terrain. Si je peux identifier des postes de cadres et récupérer des policiers pour les ramener sur le terrain, c’est ce que je vais faire », avait-il déclaré il y a une semaine à l’hôtel de ville de Montréal.