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Trois autos de la SQ pour saisir leur sirop d’érable

Le couple souhaite vendre autant qu’il veut sans passer par la Fédération

Daniel Gaudreau et sa conjointe Nathalie Bombardier
Photo courtoisie Les producteurs de sirop Daniel Gaudreau et Nathalie Bombardier avec en arrière-plan leur érablière située en Estrie.

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Un couple de producteurs acéricoles de l’Estrie qui s’est fait saisir son sirop d’érable sous la surveillance de la police, jeudi, promet de se battre pour avoir le droit de le vendre autant qu’il veut à l’épicerie ou au dépanneur.

Daniel Gaudreau et sa conjointe Nathalie Bombardier refusent de respecter l’obligation d’écouler leur surplus de production via la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Le couple veut écouler tout son sirop directement à des commerces de sa région, et même partout dans la province ou en Ontario.

« Trois voitures de la SQ sont débarquées chez nous comme si on était une fabrique d’héroïne. Ils ont pris la totalité de notre sirop d’érable, tout notre gagne-pain », dénonce Mme Bombardier, dont l’érablière se trouve à Scotstown, en Estrie.

Son conjoint et elle contestent les saisies, les façons de faire de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec et la réglementation en place. Ils estiment que les producteurs devraient choisir s’ils désirent se joindre à la Fédération ou s’ils préfèrent faire cavalier seul.

« On est des entrepreneurs et on est dans un marché ouvert, ça n’a pas de sens de nous empêcher de vendre. Les États-Unis, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick peuvent acheter et vendre du sirop comme ils veulent tandis que nous sommes restreints », déplore Mme Bombardier, qui compte faire changer les lois.

Sirop caché

Le sirop retiré jeudi avait déjà été saisi par la Fédération l’an dernier. Il avait été convenu que le couple le garderait en sa possession le temps que la cause soit entendue devant la Régie.

« Des saisies avant jugement, on en fait une dizaine par année, et les producteurs restent les gardiens du produit et ça se passe bien. Cette fois, le huissier a remarqué que le nombre de barils a augmenté, comme si certains d’entre eux auraient été cachés lors de la première saisie l’an dernier. On doute maintenant de la fiabilité des producteurs, la confiance est brisée », explique Simon Trépanier, directeur général de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

C’est pourquoi la Fédération a décidé de demander à ce que les barils soient envoyés à ses entrepôts durant les procédures.

Contingent à respecter

Ce n’est pas la première fois que le couple Gaudreau-Bombardier se fait saisir son sirop d’érable. Il a été condamné l’an dernier à payer 321 000 $ pour avoir vendu du sirop sans contingent entre 2010 et 2014.

Les producteurs au Québec se voient attribuer un certain nombre d’entailles pour récolter le sirop. Ils ont donc une quantité déterminée pour la vente en gros et par intermédiaires (épiceries, dépanneurs, restaurants). Le surplus doit passer par l’un des 60 acheteurs autorisés par la Fédération qui vendent et exportent le produit.

Le producteur a cependant le droit d’offrir directement au consommateur toute la quantité de sirop qu’il veut en petit format.