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Tuerie de la mosquée : deux ans de menaces et de gestes haineux

Avant l’attentat, la communauté musulmane a été la cible d’actes répréhensibles

Mohamed Yangui, ex-président du Centre culturel islamique de Québec, s’est confié au Journal un an après la fusillade.
Photo Jean-François Desgagnés Mohamed Yangui, ex-président du Centre culturel islamique de Québec, s’est confié au Journal un an après la fusillade.

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La mosquée de Québec et la communauté musulmane ont été la cible de plusieurs menaces et de gestes à caractère haineux dans l’année précédant la tuerie, révèle l’ex-président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

Placé devant les projecteurs à la suite de la tuerie, Mohamed Yangui est resté silencieux à l’issue de son mandat de président du CCIQ. Un an après le tourbillon de la tuerie à la Grande Mosquée, l’homme s’est confié au Journal.

Avant même la tragédie, Mohamed Yangui avait le mandat d’ouvrir le dialogue avec les gens de Québec. Cette décision avait été prise après l’événement de la tête de cochon retrouvée devant la porte de la mosquée en juin 2016.

Une carte de visite

Des menaces contre cinq épiceries halal avaient également été répertoriées. Ces gestes n’ont d’ailleurs jamais été rendus publics, à l’été 2016, car les propriétaires craignaient pour leur sécurité. Des individus entraient dans les épiceries, proféraient des menaces et laissaient une carte de visite. « C’était La Meute », ont confirmé au Journal l’une des propriétaires ainsi que Mohamed Yangui.

L’épicerie-boucherie Assalam, du propriétaire Azzedine Soufiane décédé le soir de la tuerie à la mosquée, avait d’ailleurs été visée.

« Nous avions reçu des menaces. Ç’a été une année très achalandée », a dit M. Yangui.

Il était d’ailleurs en contact direct avec le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) pour ces dossiers.

C’est à la suite de ces événements que l’ex-président a décidé de prendre une année sabbatique de son travail de comptable afin de se concentrer sur la présidence du CCIQ.

Déjà, il voulait « démystifier l’Islam » auprès de gens de Québec et dialoguer. « J’ai essayé de calmer le jeu. Avec les fidèles, nous avons tracé la stratégie de la mosquée pour les prochaines années afin de souder la communauté », a indiqué M. Yangui.

L’homme a mis sur pied des activités, comme des BBQ, pour inviter les gens de Québec à venir à leur rencontre. « Nous étions vers l’ouverture », a-t-il dit. Mohamed sentait la peur dans la population.

Aujourd’hui, il affirme que le gouvernement doit continuer à travailler afin de changer les mentalités. « Ils doivent faire la promotion de l’inclusion », a-t-il déclaré.

L’attentat dévastateur

Puis, le pire est survenu. Le 29 janvier, c’est la tuerie. D’ailleurs, Mohamed Yangui aurait lui aussi pu y passer si son fils n’avait pas eu de la difficulté avec la résolution d’un problème de mathématiques. Quelques minutes avant le début de la prière, Mohamed a décidé de rester aider son fils Aziz. « Ça reste gravé. Mon fils me répète souvent qu’il m’a sauvé la vie », relate M. Yangui.

DES ACTES MALVEILLANTS CONTRE LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE

  • Juin 2016 – Tête de porc laissée devant la porte de la mosquée.
  • Juillet 2016 – Des messages anonymes haineux distribués en ville contre la mosquée.
  • Août 2016 – Un groupe identitaire a fait des menaces dans cinq épiceries halal de la région, en y laissant des cartes de visite au nom de La Meute. Joint par Le Journal, La Meute soutient qu’il s’agissait d’un coup monté pour faire mal paraître le groupe.
  • 29 janvier 2017 – Tuerie à la Grande Mosquée de Québec.
  • 14 juillet 2017 – La Grande Mosquée de Québec reçoit un colis par la poste qui véhiculait un message très hargneux. « Vous cherchez un terrain pour ensevelir vos sales carcasses ? Alors, voici un endroit idéal pour vous. Ça va sentir le cochon de toute façon », était-il indiqué sur une image de porcherie (enquête de police ouverte).
  • 6 août 2017 – La voiture de Mohamed Labidi, le président du CCIQ, est incendiée.