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Fière d’aider les handicapés

Elle quitte son emploi pour distribuer des chambres hyperbares partout au Québec

isabelle meilleur
Photo Caroline Lepage Isabelle Meilleur livre des chambres hyperbares partout au Québec et gère la clinique d’OxySoins à Drummondville.

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DRUMMONDVILLE | Une consultante ne regrette pas d’avoir laissé une belle carrière en ressources humaines pour démarrer son entreprise spécialisée en chambres hyperbares, un appareil médical qui fait des « miracles » chez des centaines de patients.

À la fin de son congé de maternité, en 2015, Isabelle Meilleur a décidé de ne pas retourner chez Brio, où elle menait une carrière passionnante en ressources humaines.

La gestionnaire s’est investie au sein de l’entreprise OxySoins, spécialisée dans la location et la vente de chambres hyperbares, qu’elle a démarrée avec son conjoint, Jean-François Tremblay.

« Je voulais avoir plus de temps pour ma fille », se souvient la maman de Camille, aujourd’hui âgée de 2 ans et demi.

Celle qui croyait faciliter sa conciliation travail-famille a vite été désillusionnée. Elle travaille sept jours par semaine depuis plusieurs mois.

Isabelle Meilleur détient un diplôme en administration. Elle n’avait pas prévu la croissance aussi rapide d’OxySoins. Elle avoue même avoir tenté au départ de dissuader son conjoint avec ce projet d’affaires.

« Il avait lu sur le sujet et il connaissait les bienfaits que ça pouvait apporter », explique la femme de 33 ans.

Convaincue par les résultats

En voyant elle-même les progrès chez les patients qui bénéficiaient de la thérapie hyperbare, Mme Meilleur a été convaincue.

« On en pleure encore chaque semaine. On sent qu’on fait une différence dans leur vie. C’est concret », exprime celle qui a déjà travaillé comme éducatrice spécialisée.

Les jeunes atteints de paralysie cérébrale sont ceux qui recourent le plus à la thérapie hyperbare, qui presse l’air et force l’oxygène à pénétrer plus en profondeur dans le sang.

« C’est le sang plus oxygéné qui fait faire toute la magie. Il nourrit les cellules endommagées », exprime Mme Meilleur.

Au terme des traitements, elle a vu des enfants marcher, alors qu’ils en étaient incapables trois mois plus tôt. Des adultes qui parvenaient difficilement à dire un mot, après un AVC, faisaient des phrases complètes.

Mme Meilleur rappelle que le « miracle » des traitements hyperbares survient en synergie avec l’ergothérapie, la physiothérapie, l’orthophonie, etc.

Elle déplore que les traitements ne soient toujours pas approuvés par Santé Canada et qu’ils peuvent être juste financés au privé.

Équilibre

L’entreprise réinvestit ses profits dans l’achat de nouvelles chambres. « On ne suffit pas à la demande », indique la Drummondvilloise.

Après deux ans de sacrifices, la mère de famille se permet un salaire annuel de 55 000 $.

Mme Meilleur parcourt le Québec chaque semaine pour livrer l’équipement. Elle amène sa fille durant les trajets plus longs, quand c’est possible. Le couple s’est rendu à quelques reprises aux États-Unis pour se perfectionner. La famille a allié vacances et travail lors de la livraison de chambres en France, où OxySoins est sollicitée pour offrir ses services. Au Maroc aussi.

Pour assurer le succès de l’entreprise, Mme Meilleur reçoit l’aide d’un mentor, le fiscaliste retraité Yvan Bouvet, grâce au service de la Société de développement économique de Drummondville.

Son coach l’a aidée à se fixer des objectifs et à se dépasser. Maintenant, son défi est de viser l’équilibre.

Isabelle Meilleur, 33 ans

  • 2001-2004 : Techniques en éducation spécialisée
  • 2005-2007 : Éducatrice spécialisée à la Commission scolaire des Sommets et dans le milieu communautaire
  • 2008-2012 : Bac en administration des affaires (ressources humaines)
  • 2011-2015 : Consultante en ressources humaines

UNE DE SES MEILLEURES DÉCISIONS

  • Avoir démarré son entreprise OxySoins qui lui permet à la fois de faire valoir ses qualités d’intervenante, grâce à sa technique en éducation spécialisée, et de gestionnaire, puisqu’elle détient aussi un baccalauréat en administration des affaires. 

UNE DE SES PIRES DÉCISIONS

  • Avoir cru qu’elle allait avoir plus de temps pour sa fille en devenant entrepreneure.

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