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L’abus de pouvoir entre en scène

L’abus de pouvoir entre en scène
Photo courtoisie

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Le sujet ne pouvait être plus d’actualité. L’abus de pouvoir entre hommes et femmes est l’un des thèmes de la pièce Hurlevents de Fanny Britt, qui prendra l’affiche prochainement au Théâtre Denise-Pelletier. S’ajouteront les relations intimes et amoureuses interdites entre élèves et professeurs.

Inspirée du roman Les Hauts de Hurlevent, publié en 1847, Fanny Britt a écrit une pièce contemporaine qui sera mise en scène par Claude Poissant.

« C’est un portrait de la génération Y et une création à part entière », annonce d’entrée de jeu la comédienne Catherine Trudeau, qui interprétera Marie-Hélène, une professeure de littérature victorienne.

La pièce, campée à Montréal, raconte l’histoire d’étudiants universitaires en littérature qui sont dans le début de la vingtaine et dont les relations amoureuses sont discutables. Lors d’un souper de fin de session où les étudiants ont invité leur professeur, les choses vont vite s’envenimer. « Il y aura beaucoup de tension », confie Catherine Trudeau. Par exemple, entre Émilie (Florence Longpré), l’hôte de ce souper, et sa sœur Catherine (Kim Despaties). « Catherine est d’un autre univers, le milieu littéraire n’est pas le sien, c’est une fille de région qui est amoureuse d’un homme », révèle la comédienne. « C’est une relation passionnelle et troublée. »

À l’instar du mouvement « moi aussi », la pièce évoque une certaine forme de dénonciation sur les abus de pouvoir entre professeur et élèves. « L’auteure a pourtant écrit la pièce bien avant le mouvement “moi aussi” », fait remarquer Catherine Trudeau.

Paul, un professeur que l’on ne verra pas, mais qui sera évoqué, entretient des relations amoureuses avec ses étudiantes. Lors de ce souper, on retrouvera justement Isabelle (Emmanuelle Lussier-Martinez), une étudiante amoureuse de ce professeur et qui a une relation avec lui. « C’est un geste que mon personnage juge répréhensible », souligne l’actrice.

Ainsi, Marie-Hélène est prête à dénoncer au nom d’une de ses étudiantes. Elle va jusqu’à commettre un geste de dénonciation envers ce professeur qu’elle qualifie de violeur. « On se questionnera à savoir jusqu’à quel point on peut se permettre d’agir au nom de nos convictions personnelles, sans l’accord de la principale concernée », précise Catherine Trudeau.

Amour malsain

On comprendra que ces jeunes femmes, bien que consentantes, se font abuser par Paul, leur professeur, puisqu’il est en situation de pouvoir et d’autorité. « Elles sont conscientes qu’elles sont dans une relation malsaine, mais se disent amoureuses », ajoute-t-elle.

La pièce devrait susciter une grande réflexion et alimenter les discussions.

Outre le théâtre, on peut retrouver Catherine Trudeau au petit écran dans les séries Ruptures et Conseils de famille. Elle est aussi ambassadrice du Prix Jeunesse des libraires du Québec et porte-parole de la Fondation Maison Théâtre

Hurlevent

  • Auteure : Fanny Britt
  • Mise en scène : Claude Poissant
  • Distribution : Alex Bergeron, Kim Despatis, Benoît Drouin-Germain, Florence Longpré, Emmanuelle Lussier-Martinez et Catherine Trudeau
  • Du 31 janvier au 24 février
  • Au Théâtre Denise-Pelletier (salle principale)