/news/currentevents
Navigation

Sentence bonbon après avoir fraudé près de 100 M$

L’un a obtenu l’absolution, l’autre partira en vacances avant sa sentence

En 2012, les policiers avaient démantelé un vaste réseau de fraudeurs par cartes bancaires à l’échelle internationale, dont le 
montant de la fraude était évalué à près de 100 millions $. Au total, 61 mandats d’arrestation avaient été lancés.
Photo d’archives En 2012, les policiers avaient démantelé un vaste réseau de fraudeurs par cartes bancaires à l’échelle internationale, dont le montant de la fraude était évalué à près de 100 millions $. Au total, 61 mandats d’arrestation avaient été lancés.

Coup d'oeil sur cet article

Deux membres d’un vaste réseau de fraudeurs par carte bancaire qui auraient empoché près de 100 millions $ ont plaidé coupables, mais ils éviteront la prison, l’un d’eux obtenant même l’absolution.

« Malgré le plaidoyer de culpabilité, c’est un honnête homme », a assuré l’avocat Richard Brouillard, en parlant de son client Ibrahim Abdallah Ibrahim.

L’autre accusé dans cette affaire, Pierre-André Casseus, se serait quant à lui réhabilité, au point que la Couronne a accepté qu’il puisse partir en vacances hors du pays avant de recevoir sa sentence en mars.

Ibrahim et Casseus, respectivement âgés de 67 et 36 ans, ont avoué avoir fait partie d’un réseau sophistiqué qui opérait à l’échelle internationale. Selon ce que les autorités avaient affirmé à l’époque des arrestations en 2012, le groupe se spécialisait en cartes clonées.

Les fraudeurs subtilisaient les terminaux de points de vente pour les remplacer par des faux. Ils auraient ensuite installé des dispositifs de clonage pour réinstaller les terminaux le lendemain, ce qui leur permettait de télécharger les données des cartes bancaires des clients des commerces.

La police avait lancé des mandats d’arrestation contre 61 personnes.

Père « conciliant »

Ibrahim, qui est le père de la tête dirigeante alléguée, a plaidé coupable d’avoir été en possession d’instruments pour fabriquer des cartes clonées. Selon Vicky Pilote-Henry, de la Couronne, il servait de chauffeur de taxi à différents membres de l’organisation.

« Il allait chercher des cartes de crédit pour rendre service à son fils », a-t-elle expliqué à la cour.

L’avocat de la défense a rappelé qu’Ibrahim a depuis perdu son emploi de chauffeur de taxi, et qu’il reconnaissait avoir été « trop conciliant » avec son fils, qui est toujours recherché par les autorités.

Casseus, de son côté, était un fournisseur de fausses identités, qui permettait aux autres membres du groupe de s’adonner à leur gigantesque fraude.

Vacances

Il a plaidé coupable à cinq accusations, dont l’utilisation de fausses cartes de crédit et le fait d’avoir distribué des renseignements en sachant qu’ils seraient utilisés pour commettre un acte criminel.

Son avocate, Roucha Oshriyeh, a annoncé une entente pour qu’il soit condamné à un sursis de neuf mois assorti d’un couvre-feu. Mais la sentence sera prononcée après ses vacances.

Le tribunal a donc accepté de lever la condition de Casseus lui interdisant d’avoir un passeport et de quitter le Canada.

À la fin de l’audience, la Couronne a expliqué que les délais dans ce dossier, qui date de 2012, avaient joué un rôle dans l’entente avec la défense.