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Une valse tordue au cœur du comportement humain

Pièce majeure de la dramaturgie anglaise, Closer est montée pour la première fois au Québec

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Marie-Josée Bastien rêvait de monter depuis plusieurs années le texte Closer, pièce majeure de la dramaturgie anglaise, qui raconte, dans une espèce de valse tordue, les destins croisés sur quelques années de deux couples déboussolés.

Portée au cinéma en 2004, dans un long métrage mettant en vedette Jude Law, Clive Owen, Natalie Portman et Julia Roberts, la pièce de Patrick Marber sera montée et présentée pour la première fois au Québec.

À quelques jours de la première – la pièce prend l’affiche à compter du 6 février au Centre des congrès de Québec –, l’auteure, comédienne, metteure en scène et directrice artistique du Théâtre Niveau Parking est particulièrement fébrile et dans l’action.

Elle joue présentement, à Premier Acte, dans la pièce Made in Beautiful (Belle Province), elle dirige les répétitions de Closer et celles d’Incendies, qui sera à l’affiche en mars au Trident.

« C’est un texte que j’ai découvert il y a une dizaine d’années et que j’aime beaucoup. Closer est une pièce assez importante de la dramaturgie contemporaine anglaise », a-t-elle fait remarquer lors d’un entretien.

À la fin de l’été 2016, lorsqu’elle a été nommée directrice artistique de la compagnie Théâtre Niveau Parking, Marie-Josée Bastien voulait faire ses débuts avec Closer.

« C’est, pour moi, l’essence du théâtre. La scénographie, la musique et les éclairages sont des éléments importants, mais Closer, c’est du jeu d’acteurs. C’est quatre comédiens qui sont très près du public, où l’on voit les yeux, les corps, la sueur, l’énergie qui se dégage, l’amour, et où l’on sent le frémissement. C’est comme si on se retrouvait devant un laboratoire du comportement humain », a-t-elle lancé avec toute l’énergie qu’on lui connaît.

Toujours intimidant

Closer, ajoute-t-elle, est une pièce qui colle parfaitement à l’époque actuelle.

« On a tous été en amour et on a tous eu du désir et des petits coups dans la vie. On se reconnaît là-dedans. C’est très contemporain comme pièce », a-t-elle mentionné.

La pièce, explique-t-elle, au départ est extrêmement belle et positive, et plus ça avance et plus les mauvaises affaires ressortent, avec l’obsession, la jalousie, la haine et la violence.

« On n’est jamais satisfait de ce qu’on a. On est avec quelqu’un ou on a quelque chose et immédiatement on rêve d’avoir quelqu’un d’autre ou autre chose. C’est pour moi un signe de notre époque », a-t-elle fait remarquer, qualifiant Closer de vaudeville cruel.

Marie-Josée Bastien avoue ne pas être intimidée par l’idée de monter une pièce qu’elle considère comme un classique du théâtre contemporain anglais et qui a été, en plus, adaptée pour le cinéma.

« Faire du théâtre, c’est toujours intimidant. Chaque fois, on se demande pourquoi on fait ça. On se met donc bien dans le trouble. Juste jouer, c’est intimidant. On dirait que nous ne sommes pas capables de nous en passer », a-t-elle laissé tomber.


► Closer est présenté du 6 au 22 février au Centre des congrès de Québec.