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Merci, Normand Brathwaite!

Normand Brathwaite
Photo d'archives, Chantal Poirier Normand Brathwaite

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Vous êtes tannés de vous faire traiter de xénophobe, de raciste, de vous faire accuser de « souffler sur les braises de l’intolérance » ? J’ai le remède idéal à votre blues identitaire.

Procurez-vous le magazine Véro, et lisez l’excellente entrevue que Patrick Marsolais a faite avec Normand Brathwaite. Ça vous fera du bien, promis.

Tabanouche, tabanouche

Patrick Marsolais anime une discussion avec Stefano Faita, Francisco Randez et Normand Brathwaite au sujet du multiculturalisme.

L’animateur de Belle et Bum y tient des propos... décoiffants.

« Ça me choque quand j’entends dire que les Québécois sont racistes. Je partage ma vie avec une belle grande blonde et le seul endroit où on est bien, c’est au Québec. On va en Jamaïque, et, au resto, on se fait dévisager à un point tel qu’on ne sait pas si on va en sortir vivants. [...] En Guadeloupe, ma femme s’est déjà fait traiter de putain. [...] Mis à part l’Italie, et peut-être le Mexique, il n’y a qu’au Québec où je me sens à l’aise. »

Vous êtes tannés du Québec bashing ? Brathwaite aussi. « Le bashing, je suis un peu tanné de ça. J’ai animé la fête de la Saint-Jean-Baptiste pendant dix ans. Une année, il y avait plus de Noirs que de Blancs sur le show, mais ce n’était pas un statement, et personne ne l’a remarqué »

Et il revient sur son personnage de Patrice que Denise Filiatrault lui avait écrit sur mesure à la télé. « Pour ma part, je ne serais pas rendu là où je suis aujourd’hui si ce n’était la couleur de ma peau. Je suis arrivé juste au moment où la population était prête à m’accueillir. Dès que j’ai fait Chez Denise, les gens me reconnaissaient et me disaient : “Tabanouche, tabanouche !”

Et même si je suis conscient que j’étais leur petit Noir chéri, avec tout le côté paternaliste que ça implique, je ne le voyais vraiment pas de manière négative, ne serait-ce que parce que les enfants m’aimaient. Comment peux-tu transmettre des valeurs racistes à tes kids lorsqu’une de leurs idoles est un Noir ? »

Moi, victime ?

Normand Brathwaite ne s’est jamais embarqué dans le discours victimaire. Vous vous rappelez le scandale qu’il avait créé, en 2016, après l’histoire du blackface au Bye Bye, en déclarant : « Moi, la Ligue des Noirs, je n’ai jamais voté pour eux. Je m’excuse, je ne sais pas c’est qui. C’est quatre nègres avec un fax quelque part dans un bureau ».

Vous vous rappelez la réaction de la Ligue des Noirs ? « En essayant de suivre votre parcours au Québec, il nous est difficile de vous considérer comme un (héros), comme un modèle de la communauté noire et de la société québécoise. Le rôle que vous jouez habituellement à la télévision ressemble plutôt à celui d’un bouffon qui ne donne pas l’impression de connaître l’histoire ni les problématiques de notre communauté... »

En 2016, Brathwaite avait été traîné dans la boue parce qu’il était un traître à « la cause ».

J’ai bien hâte de voir quelle sera cette fois-ci la réaction à ses propos.

Mais avouez que ça fait du bien d’entendre le point de vue de gens comme Normand, tabanouche !