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Piratage : une vaste coalition demande au CRTC d’agir

Piratage : une vaste coalition demande au CRTC d’agir
Photo Agence QMI, Martin Alarie

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Le CRTC doit mettre sur pied une organisation chargée spécifiquement de contrer le piratage sur internet, a demandé lundi une grande coalition regroupant des artistes, des syndicats, ainsi que des producteurs et des diffuseurs du domaine du cinéma, de la télévision, de la radio et de la musique.

Franc-Jeu Canada, qui englobe tous les grands joueurs de l’industrie comme le Groupe TVA, Bell Canada, Rogers, CBC/Radio-Canada, Corus, l’Union des artistes, l’ADISQ et Cineplex, estime que le vol de contenu sur internet représente un véritable fléau qui met en péril de nombreux emplois au pays.

«Les médias canadiens perdent des millions de dollars en raison du piratage en ligne et des centaines d’emplois sont menacés si le CRTC ne fait rien pour bloquer l’accès aux sites clandestins qui sont hébergés en pays étrangers. Vingt autres pays ont pris des mesures pour protéger leurs industries culturelles, pourquoi restons-nous les bras croisés ?» a souligné Jerry Dias, président du plus gros syndicat au pays, Unifor, dans un communiqué.

Si rien n’est fait par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), le contenu canadien est menacé, selon la dirigeante du Groupe TVA et de Québecor Contenu.

«Québecor Contenu investit massivement dans le développement des contenus originaux qui reflètent notre culture et nos valeurs québécoises. Ces productions de grande qualité nous permettent entre autres de nous démarquer face aux géants américains. Il est donc important que nos gouvernements agissent pour empêcher le piratage et ainsi préserver notre capacité à financer du contenu de grande qualité tout en protégeant les créateurs d’ici», a mentionné France Lauzière, présidente et chef de la direction du Groupe TVA.

Vol de contenu

La coalition demande donc au CRTC de créer un organisme indépendant, l’Agence indépendante d’examen du piratage, chargé d’identifier les sites web impliqués «de façon flagrante dans le vol de contenu».

«Le CRTC pourrait alors exiger que les fournisseurs de services internet prennent des mesures pour empêcher que le contenu de ces sites atteigne les Canadiens», a précisé le communiqué de Franc-Jeu Canada, qui ajoute que le processus d’interdiction devrait être supervisé par la Cour d’appel fédérale.

«Ce que nous proposons est une solution dont l’efficacité a été démontrée dans des pays comme le Royaume-Uni, la France, et l’Australie», a dit Shan Chandrasekar, président et chef de la direction de l’Asian Television Network International Limited (ATN), qui a présenté la demande au nom de la coalition. Selon Franc-Jeu Canada, le blocage de 19 sites de piratages en Grande-Bretagne en 2013, a suscité une hausse de 12 % du trafic vers les services de diffusion respectant la loi.

En se fiant à un rapport de la compagnie britannique MUSO, la coalition soutient qu’il y a eu 1,88 milliard de visites du Canada sur des sites de piratage l’an dernier.