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Un «orphelin de Duplessis» lance une action collective

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Un « orphelin de Duplessis » qui s’est senti insulté par le dédommagement de 15 000 $ offert par le gouvernement veut intenter une action collective au nom des victimes d’abus durant la Grande Noirceur.

« Dans son esprit, [le dédommagement] était une claque au visage ; considérant l’enfance horrible qu’il a vécue, ce montant offert est une insulte », écrit l’avocat Alan Stein, dans un document de cour déposé au palais de justice de Montréal.

La poursuite civile, intentée par Marc Boudreau, demande plutôt 875 000 $ par enfant victime non seulement d’abus, mais qui aurait aussi été utilisé comme cobaye humain « dans le but d’enrichir le gouvernement du Québec et l’Église catholique » dans les années 1940 et 1950.

Il poursuit l’État, mais aussi des congrégations religieuses à Montréal, à Baie-Saint-Paul et à Québec, entre autres.

Sévices

M. Boudreau, qui est à la tête du mouvement, explique dans le document de cour être un « orphelin de Duplessis ».

Vers l’âge de 5 ou 6 ans, M. Boudreau explique avoir été placé en orphelinat et institutions psychiatriques, même s’il n’avait aucun problème de santé mentale.

Lors de son passage dans un monastère, il dit avoir été frappé à répétition au point de presque perdre un œil. À d’autres moments, il aurait été obligé de porter une camisole de force.

« Il a été utilisé comme cobaye dans des expériences horribles, dont l’administration forcée de drogues, de la privation de sommeil et des séances d’électrochocs », indique le document de cour.

« Jusqu’à ses 18 ans, sa vie était un enfer sur terre », indique la demande d’action collective.

Ces événements, qui n’ont pas encore été prouvés à la cour, lui auraient causé d’importants traumatismes. M. Boudreau affirme avoir du mal à faire confiance aux autres, en plus d’être incapable d’avoir une relation saine.

« Pendant que d’autres sont capables de ressentir et d’exprimer librement leur amour pour leurs êtres chers, M. Boudreau est incapable de vivre le sentiment d’amour », déplore l’avocat dans la poursuite.

Soutien

M. Boudreau cherche ainsi des dédommagements pour lui, mais aussi pour tous les autres « orphelins de Duplessis ». Et il a le soutien du Comité des Orphelins victimes d’abus.

« Nous souhaitons ardemment qu’il gagne, on appuie son initiative », a affirmé Lucien Landry du Comité.

M. Landry rappelle que si les abus et inconduites sexuels font beaucoup parler dans les médias, cela faisait 25 ans que le combat des « orphelins de Duplessis » avait commencé.

Les congrégations contactées par Le Journal n’ont pas souhaité commenter.